{"id":255,"date":"2017-01-22T09:25:26","date_gmt":"2017-01-22T09:25:26","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/geschichte\/"},"modified":"2017-10-17T09:55:17","modified_gmt":"2017-10-17T07:55:17","slug":"histoire","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/histoire\/","title":{"rendered":"Histoire"},"content":{"rendered":"<h1>Histoire de la Franc-ma\u00e7onnerie moderne<\/h1>\n<p>Tout en demeurant indissociable de ses origines plus lointaines, l\u2019histoire de la Franc-ma\u00e7onnerie telle que nous la connaissons aujourd\u2019hui commence \u00e0 l\u2019aube du 18e si\u00e8cle, plus pr\u00e9cis\u00e9ment le 24 juin 1717, \u00e0 Londres. Ce jour-l\u00e0, jour de la Saint Jean-Baptiste, patron des Francs-ma\u00e7ons, quatre Loges de Londres d\u00e9cident de s\u2019unir sous la direction d\u2019un Grand Ma\u00eetre et se constituent en Grande Loge, sous le titre de \u00ab\u00a0Grande Loge de Londres\u00a0\u00bb. La jeune Grande Loge acquiert rapidement de la consid\u00e9ration, au point que six ans plus tard, en 1723, date de la ratification de ses premi\u00e8res Constitutions, elle ne compte pas moins de 45 Loges sous sa juridiction. D\u00e8s 1730, on en trouve 106 \u00e0 Londres et plus de 40 en province. Vers la fin du si\u00e8cle, en 1787, on d\u00e9nombrait 529 Loges, sans compter, bien s\u00fbr, les Loges d\u2019Irlande et d\u2019Ecosse o\u00f9 la Franc-ma\u00e7onnerie \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente bien avant 1717.<\/p>\n<p>A partir de 1751, se produisit un schisme qui allait diviser les Francs-ma\u00e7ons anglais en \u00ab\u00a0Anciens\u00a0\u00bb et en \u00ab\u00a0Modernes\u00a0\u00bb. Les Anciens, qui n\u2019avaient pas voulu adh\u00e9rer \u00e0 la Constitution de 1723, se r\u00e9f\u00e9raient pour la plupart aux \u00ab\u00a0landmarks\u00a0\u00bb (r\u00e8gles, obligations) de la Loge d\u2019York, laquelle pr\u00e9tendait remonter au 10e si\u00e8cle. Ils cr\u00e9\u00e8rent donc une deuxi\u00e8me Grande Loge, celle des Anciens, compos\u00e9e en majorit\u00e9 d\u2019Irlandais, pour s\u2019opposer aux Ma\u00e7ons Modernes regroup\u00e9s autour de la Grande Loge de Londres qui avait pris en 1738 le titre de Grande Loge d\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Une autre opposition se manifesta encore avec la constitution en France de degr\u00e9s ma\u00e7onniques, dits grades chevaleresques ou hauts grades. Cette opposition aboutit en Angleterre \u00e0 la cr\u00e9ation, entre autres, de l\u2019Ordre de Royal Arch. La naissance de ces \u00ab\u00a0hauts grades\u00a0\u00bb et leur diversit\u00e9 introduisit bient\u00f4t de nouveaux rites, dont l\u2019application ne pouvait que contribuer \u00e0 renforcer encore les divisions au sein de cette Franc-ma\u00e7onnerie naissante.<\/p>\n<p>La scission entre Anciens et Modernes dura jusqu\u2019en 1813, date \u00e0 laquelle l\u2019acte de fusion des deux Grandes Loges devint officiel et la nouvelle Grande Loge se donna le titre de Grande Loge Unie des Anciens Francs-ma\u00e7ons d\u2019Angleterre (aujourd\u2019hui, Grande Loge Unie d\u2019Angleterre). Il fut alors d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il n\u2019y aurait que trois grades dans \u00ab\u00a0l\u2019ancienne et pure ma\u00e7onnerie\u00a0\u00bb (apprenti, compagnon, ma\u00eetre). L\u2019Ordre de Royal Arch fut reconnu et les tenues de Chapitres pour les grades chevaleresques autoris\u00e9es, mais sans qu\u2019elles influent d\u2019une quelconque fa\u00e7on sur les tenues des Loges, dites bleues, des trois premiers grades de la Franc-ma\u00e7onnerie traditionnelle.<\/p>\n<p>Enfin, une ann\u00e9e plus tard, en 1814, les trois Grandes Loges d\u2019Angleterre, d\u2019Irlande et d\u2019Ecosse sign\u00e8rent un acte d\u2019alliance pour la pratique des trois premiers grades.<\/p>\n<h2><b>L\u2019expansion<\/b><\/h2>\n<p>D\u00e8s sa naissance, la franc-ma\u00e7onnerie sp\u00e9culative avait trouv\u00e9 dans l\u2019ensemble de l\u2019Europe et en Suisse, pays qui nous concerne plus particuli\u00e8rement, un terrain d\u2019expansion tout aussi favorable qu\u2019en Angleterre. Et, une vingtaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, elle se r\u00e9pandit comme une tra\u00een\u00e9e de poudre partout dans le monde o\u00f9 les puissances europ\u00e9ennes d\u2019alors avaient des implantations militaires ou commerciales.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir subi ses maladies de jeunesse, la Franc-ma\u00e7onnerie moderne a r\u00e9ussi \u00e0 se structurer un peu partout dans le monde sous forme d\u2019ob\u00e9diences nationales diverses, ind\u00e9pendantes les unes des autres et regroupant chacune plusieurs Loges, elles aussi ind\u00e9pendantes les unes des autres. Cette diversit\u00e9 et cet aspect mosa\u00efque des Loges sont caract\u00e9ristiques de l\u2019esprit ma\u00e7onnique qui refuse toute ing\u00e9rence dogmatique et lutte depuis toujours en faveur de la libert\u00e9 de pens\u00e9e.<\/p>\n<p>R\u00e9partie dans une soixantaine de pays (d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les dictatures, qu\u2019elles soient de droite ou de gauche, condamnent la Franc-ma\u00e7onnerie dont les id\u00e9aux de libert\u00e9, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de fraternit\u00e9, par trop d\u00e9mocratiques, sont jug\u00e9s subversifs), la Franc-ma\u00e7onnerie compte actuellement, toutes ob\u00e9diences confondues, plus de six millions de membres.<\/p>\n<h2><b>La Constitution de 1723<\/b><\/h2>\n<p>De m\u00eame que toute association a ses r\u00e8gles et ses statuts, la Franc-ma\u00e7onnerie s\u2019est dot\u00e9e depuis ses origines les plus lointaines des r\u00e8glements appel\u00e9s \u00ab\u00a0Charges\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Devoirs\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Landmarks\u00a0\u00bb (ces derniers n\u2019\u00e9tant transmissibles que par tradition orale) pour pr\u00e9server ses adeptes de toute d\u00e9viation par rapport \u00e0 l\u2019antique filiation traditionnelle dont elle proc\u00e8de.<\/p>\n<p>Les r\u00e8glements et constitutions des Loges sont d\u2019ordre administratif et r\u00e8glent la conduite morale du Franc-ma\u00e7on en Loge, conduite qui rejaillit bien s\u00fbr sur sa vie profane. En revanche, le Livre de la Loi sacr\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ralement la Bible) qui figure avec l\u2019\u00e9querre et le compas sur l\u2019autel du V\u00e9n\u00e9rable, est d\u2019ordre initiatique et symbolise la lumi\u00e8re vers laquelle tend la qu\u00eate spirituelle du Franc-ma\u00e7on.<\/p>\n<p>Les premiers r\u00e8glements ou constitutions auxquels se r\u00e9f\u00e8re aujourd\u2019hui la Franc-ma\u00e7onnerie moderne sont les Constitutions dites d\u2019Anderson, r\u00e9dig\u00e9es en 1721 par le th\u00e9ologien James Anderson et le physicien Th\u00e9ophile D\u00e9saguliers, tous deux cofondateurs de la Grande Loge de Londres en 1717. Elles furent ratifi\u00e9es le 17 janvier 1723 par le duc de Wharton, alors Grand Ma\u00eetre de la Grande Loge de Londres.<\/p>\n<p>S\u2019il para\u00eet \u00e9vident qu\u2019\u00e0 la lecture certains passages de ces Constitutions peuvent aujourd\u2019hui pr\u00eater \u00e0 sourire par leur c\u00f4t\u00e9 vieillot, reflet d\u2019une \u00e9poque ou r\u00e9gnaient encore en Europe des relents d\u2019absolutisme et d\u2019Inquisition, il faut reconna\u00eetre que leur teneur reste tr\u00e8s \u00ab\u00a0progressiste\u00a0\u00bb pour l\u2019\u00e9poque et traduit assez bien les id\u00e9es fondamentales de la Franc-ma\u00e7onnerie. Il faut en les lisant s\u2019attacher \u00e0 l\u2019esprit et non \u00e0 la lettre. C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que ces Constitutions font aujourd\u2019hui encore r\u00e9f\u00e9rence dans les Loges du monde entier, bien que chaque ob\u00e9dience r\u00e9actualise r\u00e9guli\u00e8rement ses propres r\u00e8glements et constitutions.<\/p>\n<p>A titre de comparaison et pour illustrer ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous faisons suivre le texte original des Constitutions de 1723 par celui des Principes ma\u00e7onniques g\u00e9n\u00e9raux de la Constitution de la Grande Loge Suisse Alpina, \u00e9dition de 1999.<\/p>\n<p>Les obligations d\u2019un Franc-ma\u00e7on,<br \/>\nextraites des anciennes archives des Loges,<br \/>\nau-del\u00e0 des mers, et celles d\u2019Angleterre, d\u2019Ecosse<br \/>\net d\u2019Irlande, \u00e0 l\u2019usage de Loges de Londres ,<br \/>\npour \u00eatre lues<br \/>\nen faisant de nouveaux Fr\u00e8res ou quand le Ma\u00eetre l\u2019ordonnera.<\/p>\n<p>Concernant Dieu et la religion<br \/>\nDu Magistrat civil, supr\u00eame et subordonn\u00e9<br \/>\nDes Loges<br \/>\nDes Ma\u00eetres, Surveillants, Compagnons et Apprentis<br \/>\nDe la Direction du m\u00e9tier pendant le travail<br \/>\nDe la Conduite, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>1. Dans la Loge quand elle est constitu\u00e9e.<br \/>\n2. Apr\u00e8s la fermeture de la Loge et avant le d\u00e9part des Fr\u00e8res.<br \/>\n3. Quand les Fr\u00e8res se rencontrent sans pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re mais hors d\u2019une Loge constitu\u00e9e.<br \/>\n4. En pr\u00e9sence d\u2019\u00e9trangers non ma\u00e7ons.<br \/>\n5. Chez vous et dans votre entourage.<br \/>\n6. Envers un Fr\u00e8re \u00e9tranger.<\/p>\n<h2><b>Concernant Dieu et la Religion<\/b><\/h2>\n<p>Un Ma\u00e7on est oblig\u00e9 de par sa tenure d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 la loi morale et s\u2019il comprend bien l\u2019Art, il ne sera jamais un ath\u00e9e stupide ni un libertin irr\u00e9ligieux. Mais quoique dans les temps anciens les Ma\u00e7ons fussent tenus dans chaque pays d\u2019\u00eatre de la religion, quelle qu\u2019elle f\u00fbt, de ce pays ou de cette nation, n\u00e9anmoins il est maintenant consid\u00e9r\u00e9 plus exp\u00e9dient de seulement les astreindre \u00e0 cette religion sur laquelle tous les hommes sont d\u2019accord, laissant \u00e0 chacun ses propres opinions ; c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00eatre hommes de bien et loyaux ou hommes d\u2019honneur et de probit\u00e9, quelles que soient les d\u00e9nominations ou confessions qui aident \u00e0 les distinguer ; par suite de quoi, la Ma\u00e7onnerie devient le centre d\u2019union et le moyen de nouer une v\u00e9ritable amiti\u00e9 sinc\u00e8re entre des personnes qui n\u2019auraient pu que rester perp\u00e9tuellement \u00e9trang\u00e8res. (Traduction de Maurice Paillard)<\/p>\n<h2><b>Du magistrat civil supr\u00eame et subordonn\u00e9<\/b><\/h2>\n<p>Un Ma\u00e7on est un paisible sujet \u00e0 l\u2019\u00e9gard des pouvoirs civils, en quelque lieu qu\u2019il r\u00e9side ou travaille, et ne doit jamais \u00eatre m\u00eal\u00e9 aux complots et conspirations contre la paix et le bien-\u00eatre de la nation, ni manquer \u00e0 ses devoirs envers les magistrats inf\u00e9rieurs ; car la Ma\u00e7onnerie a toujours p\u00e2ti de la guerre, de l\u2019effusion de sang et du d\u00e9sordre ; aussi les anciens rois et princes ont toujours \u00e9t\u00e9 fort dispos\u00e9s \u00e0 encourager les Fr\u00e8res, en raison de leur caract\u00e8re pacifique et de leur loyaut\u00e9 par lesquels ils r\u00e9pondaient en fait aux chicanes de leurs adversaires et d\u00e9fendaient l\u2019honneur de la Fraternit\u00e9 qui fut toujours florissante dans les p\u00e9riodes de paix.<\/p>\n<p>Aussi, si un Fr\u00e8re devenait rebelle envers l\u2019Etat, il ne devrait pas \u00eatre soutenu dans sa r\u00e9bellion, quelle que soit la piti\u00e9 que puisse inspirer son infortune ; et s\u2019il n\u2019est convaincu d\u2019aucun autre crime, bien que la loyale Confr\u00e9rie ait le devoir et l\u2019obligation de d\u00e9savouer sa r\u00e9bellion, pour ne provoquer aucune inqui\u00e9tude ni suspicion politique de la part du gouvernement au pouvoir, il ne peut pas \u00eatre chass\u00e9 de la Loge et ses relations avec elle demeurent indissolubles.<\/p>\n<h2><b>Des Loges<\/b><\/h2>\n<p>Une Loge est un lieu o\u00f9 les Ma\u00e7ons s\u2019assemblent pour travailler : d\u2019o\u00f9 le nom de Loge qui est donn\u00e9 \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e ou \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de Ma\u00e7ons r\u00e9guli\u00e8rement organis\u00e9e, et l\u2019obligation pour chaque Fr\u00e8re d\u2019appartenir \u00e0 l\u2019une d\u2019elles et de se soumettre \u00e0 ses r\u00e8glements particuliers ainsi qu\u2019aux r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9raux. La Loge est soit particuli\u00e8re, soit g\u00e9n\u00e9rale ou Grande Loge.<\/p>\n<p>Dans les temps anciens, aucun Ma\u00eetre ou Compagnon ne pouvait s\u2019en absenter, sp\u00e9cialement lorsqu\u2019il y avait \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9, sans encourir une s\u00e9v\u00e8re censure, \u00e0 moins que le Ma\u00eetre ou les Surveillants n\u2019aient constat\u00e9 qu\u2019il en avait \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 par une imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>Les personnes admises comme membres d\u2019une Loge doivent \u00eatre des hommes bons et loyaux, n\u00e9s libres, ayant l\u2019\u00e2ge de la maturit\u00e9 d\u2019esprit et de la prudence, ni serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne r\u00e9putation.<\/p>\n<h2><b>Des Ma\u00eetres, Surveillants, Compagnons et Apprentis<\/b><\/h2>\n<p>Toute promotion parmi les Ma\u00eetres Ma\u00e7ons est fond\u00e9e uniquement sur la valeur r\u00e9elle et sur le m\u00e9rite personnel ; afin que les seigneurs puissent \u00eatre bien servis, que les Fr\u00e8res ne soient pas expos\u00e9s \u00e0 l\u2019humiliation et que l\u2019Art royal ne soit point d\u00e9cri\u00e9 : pour cela aucun Ma\u00eetre ou Surveillant n\u2019est choisi \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9, mais bien pour son m\u00e9rite. Il est impossible de d\u00e9peindre ces choses par \u00e9crit, chaque Fr\u00e8re doit rester \u00e0 sa propre place et les \u00e9tudier selon les m\u00e9thodes particuli\u00e8res de cette Confr\u00e9rie. Tout ce que les candidats peuvent savoir c\u2019est qu\u2019aucun Ma\u00eetre n\u2019a le droit de prendre un Apprenti s\u2019il n\u2019a pas un travail suffisant \u00e0 lui fournir et s\u2019il n\u2019est pas un jeune homme parfait ne souffrant d\u2019aucune mutilation ou tare physique qui puisse l\u2019emp\u00eacher d\u2019apprendre l\u2019Art et de servir le seigneur de son Ma\u00eetre et de devenir un Fr\u00e8re, puis un Compagnon en temps voulu apr\u00e8s avoir durant le nombre d\u2019ann\u00e9es fix\u00e9 par la coutume du pays ; et s\u2019il n\u2019est issu de parents honn\u00eates ; ceci afin qu\u2019apr\u00e8s avoir acquis les qualit\u00e9s requises il puisse parvenir \u00e0 l\u2019honneur d\u2019\u00eatre le Surveillant, puis le Ma\u00eetre de la Loge, le Grand Surveillant et enfin, selon son M\u00e9rite, le Grand Ma\u00eetre de toutes les Loges.<\/p>\n<p>Nul Fr\u00e8re ne peut \u00eatre Surveillant avant d\u2019avoir pass\u00e9 le degr\u00e9 de Compagnon ; ni Ma\u00eetre avant d\u2019avoir occup\u00e9 les fonctions de Surveillant ; ni Grand Surveillant avant d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 Ma\u00eetre d\u2019une Loge, ni Grand Ma\u00eetre s\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 Compagnon avant son \u00e9lection. Celui-ci doit \u00eatre, en outre, de noble naissance ou gentilhomme de bonnes mani\u00e8res ou quelque savant \u00e9minent ou quelque architecte distingu\u00e9 ou quelque autre homme de l\u2019Art d\u2019une honn\u00eate ascendance et jouissant d\u2019une grande estime personnelle dans l\u2019opinion des Loges. Et afin de pouvoir s\u2019acquitter le plus utilement, le plus ais\u00e9ment et le plus honorablement de son office, le Grand Ma\u00eetre d\u00e9tient le pouvoir de choisir son propre D\u00e9put\u00e9 Grand Ma\u00eetre qui doit \u00eatre alors ou avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment le Ma\u00eetre d\u2019une Loge particuli\u00e8re et qui a le privil\u00e8ge d\u2019agir comme le ferait le Grand Ma\u00eetre lui-m\u00eame, son Commettant, sauf quand le dit Commettant est pr\u00e9sent ou qu\u2019il manifeste son autorit\u00e9 par une lettre.<\/p>\n<p>Ces administrateurs et gouverneurs, sup\u00e9rieurs et subalternes de la Loge ancienne, doivent \u00eatre ob\u00e9is dans leurs fonctions respectives par tous les Fr\u00e8res, conform\u00e9ment aux Anciennes Obligations et R\u00e8glements, en toute humilit\u00e9, r\u00e9v\u00e9rence, amour et diligence.<\/p>\n<h2><b>De la direction du m\u00e9tier pendant le travail<\/b><\/h2>\n<p>Tous les Ma\u00e7ons travailleront honn\u00eatement pendant les jours ouvrables afin de profiter honorablement des jours de f\u00eate ; et l\u2019horaire prescrit par la loi du pays ou fix\u00e9 par la coutume sera respect\u00e9.<\/p>\n<p>Le Compagnon Ma\u00e7on le plus expert sera choisi ou d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en qualit\u00e9 de Ma\u00eetre ou Surintendant des travaux du seigneur ; ceux qui travaillent sous ses ordres l\u2019appelleront Ma\u00eetre. Les ouvriers doivent \u00e9viter tout langage d\u00e9plac\u00e9, et ne point se donner entre eux de sobriquets d\u00e9sobligeants, mais s\u2019appeler Fr\u00e8re ou Compagnon ; et se conduire avec courtoisie \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Loge.<\/p>\n<p>Le Ma\u00eetre, confiant en son habilet\u00e9, entreprendra les travaux du seigneur aussi raisonnablement que possible et tirera parti des mat\u00e9riaux comme s\u2019ils \u00e9taient \u00e0 lui, ne donnant \u00e0 aucun Fr\u00e8re ou Apprenti plus que le salaire qu\u2019il m\u00e9rite vraiment.<\/p>\n<p>Les Ma\u00eetres et les Ma\u00e7ons recevant chacun leur juste salaire seront fid\u00e8les au seigneur et ach\u00e8veront leur travail consciencieusement, qu\u2019il soit \u00e0 la t\u00e2che ou \u00e0 la journ\u00e9e ; et ils n\u2019effectueront pas \u00e0 la t\u00e2che l\u2019ouvrage qu\u2019on a l\u2019habitude de faire \u00e0 temps.<\/p>\n<p>Nul ne se montrera envieux de la prosp\u00e9rit\u00e9 d\u2019un Fr\u00e8re ni ne le supplantera, ni ne l\u2019\u00e9cartera de son travail s\u2019il est capable de le mener \u00e0 bien ; car personne ne peut achever le travail d\u2019autrui, \u00e0 l\u2019avantage du seigneur, sans \u00eatre parfaitement au courant des projets et conceptions de celui qui l\u2019a commenc\u00e9.<\/p>\n<p>Quand un Compagnon Ma\u00e7on est d\u00e9sign\u00e9 comme Surveillant des travaux sous la conduite du Ma\u00eetre, il sera \u00e9quitable tant \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Ma\u00eetre que des Compagnons, surveillera avec soin le travail en l\u2019absence du Ma\u00eetre dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du seigneur ; et ses Fr\u00e8res lui ob\u00e9iront.<\/p>\n<p>Tous les Ma\u00e7ons employ\u00e9s recevront leur salaire uniment, sans murmure ni r\u00e9volte, et ne quitteront pas le Ma\u00eetre avant l\u2019ach\u00e8vement du travail.<\/p>\n<p>On instruira un Fr\u00e8re plus jeune dans le travail pour que les mat\u00e9riaux ne soient point g\u00e2ch\u00e9s par manque d\u2019exp\u00e9rience et pour accro\u00eetre et consolider l\u2019amour fraternel.<\/p>\n<p>On n\u2019utilisera dans le travail que les outils approuv\u00e9s par la Grande Loge.<\/p>\n<p>Aucun man\u0153uvre ne sera employ\u00e9 aux travaux propres \u00e0 la Ma\u00e7onnerie ; et les Francs-ma\u00e7ons ne travailleront pas avec ceux qui ne sont pas francs, sauf n\u00e9cessit\u00e9 imp\u00e9rieuse ; et ils n\u2019instruiront ni les man\u0153uvres ni les ma\u00e7ons non accept\u00e9s, comme ils instruiraient un Fr\u00e8re ou un Compagnon.<\/p>\n<p>De la conduite, savoir :<br \/>\nDans la Loge quand elle est constitu\u00e9e<br \/>\nVous ne devez pas tenir de r\u00e9unions priv\u00e9es, ni de conversations \u00e0 part sans autorisation du Ma\u00eetre, ni parler de choses inopportunes ou inconvenantes ; ni interrompre le Ma\u00eetre, ou les Surveillants ni aucun Fr\u00e8re parlant au Ma\u00eetre : ne vous conduisez pas non plus de mani\u00e8re ridicule ou bouffonne quand la Loge traite de choses s\u00e9rieuses et solennelles ; et sous aucun pr\u00e9texte n\u2019usez d\u2019un langage mals\u00e9ant ; mais manifestez \u00e0 votre Ma\u00eetre, \u00e0 vos Surveillants et \u00e0 vos Compagnons la d\u00e9f\u00e9rence qui leur est due et entourez-les de respect.<\/p>\n<p>Si quelque plainte est d\u00e9pos\u00e9e, le Fr\u00e8re reconnu s\u2019inclinera devant le jugement et la d\u00e9cision de la Loge, qui est le seul juge comp\u00e9tent pour tous ces diff\u00e9rents (sous r\u00e9serve d\u2019appel devant la Grande Loge), et c\u2019est \u00e0 elle qu\u2019il doit \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9, \u00e0 moins que le travail d\u2019un seigneur ne risque d\u2019en souffrir, dans lequel cas, il serait possible de recourir \u00e0 une proc\u00e9dure particuli\u00e8re ; mais les affaires ma\u00e7onniques ne doivent jamais \u00eatre port\u00e9es en justice, \u00e0 moins d\u2019absolue n\u00e9cessit\u00e9 d\u00fbment constat\u00e9e en Loge.<\/p>\n<h2><b>Apr\u00e8s fermeture de la Loge et avant le d\u00e9part des Fr\u00e8res<\/b><\/h2>\n<p>Vous pouvez jouir d\u2019innocents plaisirs, vous traitant r\u00e9ciproquement selon vos moyens, mais en \u00e9vitant tout exc\u00e8s et en n\u2019incitant pas un Fr\u00e8re \u00e0 manger ou \u00e0 boire plus qu\u2019il n\u2019en a envie, en ne le retenant pas lorsque ses affaires l\u2019appellent, en ne disant et en ne faisant rien d\u2019offensant ou qui puisse interdire une conversation libre et ais\u00e9e ; car cela d\u00e9truirait notre harmonie, et ruinerait nos louables desseins. C\u2019est pourquoi aucune brouille ni querelle priv\u00e9e ne doit passer le seuil de la Loge, et moins encore quelque querelle \u00e0 propos de la religion, des nations ou de la politique car comme Ma\u00e7ons nous sommes seulement de la religion mentionn\u00e9e ci-dessus ; nous sommes aussi de toutes nations, idiomes, races et langages et nous sommes r\u00e9solument contre toute politique comme n\u2019ayant jamais contribu\u00e9 et ne pouvant jamais contribuer au bien \u00eatre de la Loge. Cette obligation a toujours \u00e9t\u00e9 strictement prescrite et respect\u00e9e ; surtout depuis la R\u00e9forme en Grande-Bretagne, ou la s\u00e9paration ou la s\u00e9cession de ces nations de la communion de Rome.<\/p>\n<p>Quand les Fr\u00e8res se rencontrent sans pr\u00e9sence \u00e9trang\u00e8re, mais hors d\u2019une Loge constitu\u00e9e<br \/>\nVous devez vous saluer r\u00e9ciproquement de mani\u00e8re courtoise, comme on vous l\u2019enseignera, vous appelant mutuellement Fr\u00e8re, \u00e9changeant librement les instructions que vous jugerez utiles, sans \u00eatre vus ni entendus, sans prendre de pas l\u2019un sur l\u2019autre, ni manquer aux marques de respect qui seraient dues \u00e0 un Fr\u00e8re, s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas Ma\u00e7on : car quoique les Ma\u00e7ons en tant que Fr\u00e8res soient tous sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9, la Ma\u00e7onnerie ne prive pas un homme des honneurs auxquels il avait droit auparavant ; bien au contraire, elle ajoute \u00e0 ces honneurs, sp\u00e9cialement lorsqu\u2019il a bien m\u00e9rit\u00e9 de la Fraternit\u00e9 qui se pla\u00eet \u00e0 honorer ceux qui le m\u00e9ritent et \u00e0 proscrire les mauvaises mani\u00e8res.<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence d\u2019\u00e9trangers non ma\u00e7ons<br \/>\nVous serez circonspects dans vos propos et dans votre comportement, pour que l\u2019\u00e9tranger le plus perspicace ne puisse d\u00e9couvrir ni deviner ce qu\u2019il ne doit pas conna\u00eetre, et vous aurez parfois \u00e0 d\u00e9tourner la conversation et \u00e0 la conduire prudemment pour l\u2019honneur de la v\u00e9ritable Fraternit\u00e9.<\/p>\n<p>Chez vous et dans votre entourage<br \/>\nVous devez agir comme il convient \u00e0 un homme sage et de bonnes m\u0153urs ; en particulier n\u2019entretenez pas votre famille, vos amis et voisins des affaires de la Loge, etc., mais soyez particuli\u00e8rement soucieux de votre propre honneur, et de celui de l\u2019ancienne Fraternit\u00e9, ceci pour des raisons qui n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre \u00e9nonc\u00e9es ici. M\u00e9nagez aussi votre sant\u00e9 en ne restant pas trop tard ensemble ou trop longtemps dehors, apr\u00e8s les heures de r\u00e9union de la Loge ; et en \u00e9vitant les exc\u00e8s de chair ou de boisson, afin que vos familles ne souffrent ni d\u00e9saffection ni dommage, et que vous-m\u00eame ne perdiez votre capacit\u00e9 de travail.<\/p>\n<p>Envers un Fr\u00e8re \u00e9tranger<br \/>\nVous devez l\u2019\u00e9prouver consciencieusement de la mani\u00e8re que la prudence vous inspirera, afin de ne pas vous en laisser imposer par un imposteur ignorant, que vous devez repousser avec m\u00e9pris et d\u00e9rision, en vous gardant de lui d\u00e9voiler la moindre connaissance.<\/p>\n<p>Mais si vous le reconnaissez comme un Fr\u00e8re authentique et sinc\u00e8re, vous devez lui prodiguer le respect qu\u2019il m\u00e9rite ; et s\u2019il est dans le besoin, vous devez le secourir si vous le pouvez, ou lui indiquer comment il peut \u00eatre secouru : vous devez l\u2019employer pendant quelques jours ou le recommander pour qu\u2019on l\u2019emploie.<\/p>\n<p>Vous n\u2019\u00eates pas oblig\u00e9 de faire plus que vos moyens ne vous le permettent mais seulement dans des circonstances identiques, de donner la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un Fr\u00e8re pauvre, qui est un homme bon et honn\u00eate, avant toute autre personne dans le besoin.<\/p>\n<p>Enfin, toutes ces Obligations doivent \u00eatre observ\u00e9es par vous, de m\u00eame que celles qui vous seront communiqu\u00e9es d\u2019autre mani\u00e8re ; cultivez l\u2019amour fraternel, fondement et cl\u00e9 de vo\u00fbte, ciment et gloire de cette ancienne Fraternit\u00e9, repoussez toute dispute et querelle, toute calomnie et m\u00e9disance, ne permettez pas qu\u2019un Fr\u00e8re honn\u00eate soit calomni\u00e9, mais d\u00e9fendez sa r\u00e9putation, et fournissez-lui tous les services que vous pourrez, pour autant que cela soit compatible avec votre honneur et votre s\u00fbret\u00e9, et pas au-del\u00e0. Et si l\u2019un d\u2019eux vous fait tort, vous devez recourir \u00e0 votre propre Loge ou \u00e0 la sienne, ensuite vous pouvez en appeler \u00e0 la Grande loge en assembl\u00e9e trimestrielle, et ensuite \u00e0 la grande loge annuelle, selon l\u2019ancienne et louable coutume de nos anc\u00eatres dans chaque nation ; n\u2019ayez jamais recours \u00e0 un proc\u00e8s en justice avec des profanes ou vous inciter \u00e0 mettre un terme rapide \u00e0 toutes proc\u00e9dures, ceci afin que vous puissiez vous occuper des affaires de la Ma\u00e7onnerie avec plus d\u2019alacrit\u00e9 et de succ\u00e8s ; mais en ce qui concerne les Fr\u00e8res ou Compagnons en proc\u00e8s, le Ma\u00eetre et les Fr\u00e8res doivent offrir b\u00e9n\u00e9volement leur m\u00e9diation, \u00e0 laquelle les Fr\u00e8res en opposition doivent se soumettre avec gratitude ; et si cet arbitrage s\u2019av\u00e8re impraticable, ils doivent alors poursuive leur proc\u00e8s ou proc\u00e9dure l\u00e9gale, sans aigreur ni rancune (contrairement \u00e0 l\u2019ordinaire) en ne disant et en ne faisant rien qui puisse alt\u00e9rer l\u2019amour fraternel, et les bonnes relations doivent \u00eatre renou\u00e9es et poursuivies ; afin que tous puissent constater l\u2019influence bienfaisante de la Ma\u00e7onnerie, ainsi que tous les vrais Ma\u00e7ons l\u2019ont fait depuis le commencement du monde et le feront jusqu\u2019\u00e0 la fin des temps.<\/p>\n<p>Cette Constitution fut par la suite remani\u00e9e deux fois. La premi\u00e8re se fit lors de la r\u00e9\u00e9dition de 1738, quand la Grande Loge de Londres, devenue Grande Loge d\u2019Angleterre, se trouvait en bute \u00e0 l\u2019opposition des \u00ab\u00a0Anciens\u00a0\u00bb Ma\u00e7ons. Cette opposition ne s\u2019organisera vraiment qu\u2019en 1751, le 17 juillet, lorsque des Francs-ma\u00e7ons irlandais, refus\u00e9s par la Grande Loge d\u2019Angleterre, cr\u00e9\u00e8rent la Grande Loge des Anciens. Devant ces oppositions montantes, Anderson s\u2019attacha \u00e0 mieux pr\u00e9ciser son texte, surtout en ce qui concerne l\u2019article premier.<\/p>\n<h2><b>Article premier, remani\u00e9 en 1738 :<\/b><\/h2>\n<p>Un Ma\u00e7on est oblig\u00e9, de par sa tenure, d\u2019observer la Loi morale, en tant que vrai Noachite ; et s\u2019il comprend bien le m\u00e9tier, il ne sera jamais ath\u00e9e stupide ni libertin irr\u00e9ligieux ni n\u2019agira \u00e0 l\u2019encontre de sa conscience. Dans les temps anciens, les Ma\u00e7ons chr\u00e9tiens \u00e9taient tenus de se conformer aux coutumes chr\u00e9tiennes de chaque pays o\u00f9 ils voyageaient ou travaillaient. Mais la Ma\u00e7onnerie existant dans toutes les nations, m\u00eame de religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 cette religion sur laquelle tous les hommes sont d\u2019accord (laissant \u00e0 chaque Fr\u00e8re ses propres opinions) c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019\u00eatre hommes de bien et loyaux, hommes d\u2019honneur et de probit\u00e9, quels que soient les noms, religions ou confessions qui aident \u00e0 les distinguer. Car tous s\u2019accordent sur les trois grands articles de No\u00e9, assez pour pr\u00e9server le ciment de la Loge. Ainsi la Ma\u00e7onnerie est leur Centre d\u2019union, et l\u2019heureux moyen de concilier des personnes qui autrement n\u2019auraient pu que rester perp\u00e9tuellement \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>Entre 1723 et cette nouvelle r\u00e9daction de 1738, d\u2019autres modifications \u00e9taient intervenues dans l\u2019\u00e9volution de la Ma\u00e7onnerie, notamment l\u2019apparition du syst\u00e8me \u00e0 trois degr\u00e9s. Auparavant, il n\u2019\u00e9tait question que des deux degr\u00e9s d\u2019Apprenti entr\u00e9 et de Compagnon de m\u00e9tier. Il n\u2019y avait de Ma\u00eetre que celui de la Loge (l\u2019actuel V\u00e9n\u00e9rable). Le degr\u00e9 de Ma\u00eetre, s\u00e9par\u00e9 de la fonction de Ma\u00eetre de la Loge, apparut en 1725. Par la suite, la l\u00e9gende de la mort d\u2019Hiram, propre \u00e0 ce troisi\u00e8me degr\u00e9, prendra le pas dans les rituels sur celle de No\u00e9 qui dispara\u00eetra progressivement. C\u2019est d\u2019ailleurs cette allusion \u00e0 No\u00e9 et aux Noachites, que l\u2019on retrouve dans la nouvelle \u00e9dition de 1738 et qui ressemble assez bien \u00e0 une concession faite aux Anciens par Anderson.<\/p>\n<p>L\u2019allusion \u00e0 No\u00e9 est en effet tr\u00e8s ancienne et on la rencontre d\u00e9j\u00e0 dans le manuscrit Regius dat\u00e9 de 1390, au passage relatif \u00e0 la construction de la Tour de Babel. No\u00e9 et les Noachites ont \u00e9galement surv\u00e9cu, bien que sous influence prussienne, dans la l\u00e9gende du 21e degr\u00e9, Noachite ou Chevalier Prussien, du Rite Ecossais Ancien et Accept\u00e9 (REAA).<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me remaniement des Constitutions d\u2019Anderson intervint en 1813, \u00e0 la fin de la querelle des Anciens Ma\u00e7ons et des Modernes, qui se concr\u00e9tisa par la fusion des deux Grandes Loges antagonistes sous l\u2019appellation de Grande Loge Unie d\u2019Angleterre. L\u2019article premier de cette nouvelle Constitution fait une large concession aux Anciens en prenant une tournure nettement d\u00e9iste, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 du go\u00fbt de tous les Ma\u00e7ons \u00e0 l\u2019\u00e9poque et qui reste d\u2019ailleurs toujours sujet \u00e0 controverses. C\u2019est pourquoi, quand on parle de Constitution en Ma\u00e7onnerie, on pense g\u00e9n\u00e9ralement 1723.<\/p>\n<h2><b>Article premier, remani\u00e9 en 1813 :<\/b><\/h2>\n<p>Un Ma\u00e7on est oblig\u00e9, de par sa tenure, d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 la loi morale et s\u2019il comprend bien l\u2019Art, il ne sera jamais un ath\u00e9e stupide ni un libertin irr\u00e9ligieux. De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l\u2019homme, car l\u2019homme voit l\u2019apparence ext\u00e9rieure, alors que Dieu voit le c\u0153ur. Un Ma\u00e7on est par cons\u00e9quent particuli\u00e8rement astreint \u00e0 ne jamais agir \u00e0 l\u2019encontre des commandements de sa conscience. Quelle que soit la religion de l\u2019homme ou sa mani\u00e8re d\u2019adorer, il n\u2019est pas exclu de l\u2019Ordre, pourvu qu\u2019il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu\u2019il pratique les devoirs sacr\u00e9s de la morale. Les Ma\u00e7ons s\u2019unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agr\u00e9able de l\u2019amour fraternel, on leur apprend \u00e0 voir les erreurs de l\u2019humanit\u00e9 avec compassion et \u00e0 s\u2019efforcer, par la puret\u00e9 de leur propre conduite, de d\u00e9montrer la haute sup\u00e9riorit\u00e9 de la foi particuli\u00e8re qu\u2019ils professent<\/p>\n<p>Pour revenir \u00e0 l\u2019esprit du texte de 1723 et mettre en \u00e9vidence son caract\u00e8re \u00e9minemment \u00ab\u00a0progressiste\u00a0\u00bb pour l\u2019\u00e9poque, nous vous invitons \u00e0 le comparer avec les Principes g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019actuelle Constitution (\u00e9dition de 1999) de la Grande Loge Suisse Alpina.<\/p>\n<h2><b>Le manuscrit Regius<\/b><\/h2>\n<p>Les anciennes confr\u00e9ries de b\u00e2tisseurs du moyen \u00e2ge, qui r\u00e9unissaient les \u00ab\u00a0francs-mestiers\u00a0\u00bb du b\u00e2timent, \u00e9taient constitu\u00e9es d\u2019hommes libres, c\u2019est-\u00e0-dire b\u00e9n\u00e9ficiant de franchises fiscales et exemptions de corv\u00e9es accord\u00e9es par le pouvoir royal, d\u2019o\u00f9 le terme de francs-ma\u00e7ons qui signifie en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab\u00a0ma\u00e7ons libres\u00a0\u00bb. Ce terme de ma\u00e7on libre ou \u00ab\u00a0freemason\u00a0\u00bb est attest\u00e9 en Angleterre d\u00e8s 1376. On le retrouve \u00e9galement dans les manuscrits m\u00e9di\u00e9vaux appel\u00e9s \u00ab\u00a0Old Charges\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Anciens Devoirs\u00a0\u00bb, tels que le Regius et le Cooke.<\/p>\n<p>Le Regius se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019un long po\u00e8me, r\u00e9dig\u00e9 en vieil anglais, probablement vers 1390, et mentionn\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1670, dans un inventaire de la biblioth\u00e8que John Theyer qui fut vendue \u00e0 Robert Scott en 1678. Par la suite, le manuscrit devint la propri\u00e9t\u00e9 de la Biblioth\u00e8que royale, d\u2019o\u00f9 son nom de Regius, jusqu\u2019en 1757, quand le roi George II d\u2019Angleterre en fit don au British Museum.<\/p>\n<p>Le manuscrit Cooke se pr\u00e9sente comme une version parall\u00e8le du Regius \u00e9crite en prose. Il serait dat\u00e9 du d\u00e9but du 15e si\u00e8cle, approximativement entre 1410 et 1425. Les textes de ces manuscrits traitent de l\u2019art de la g\u00e9om\u00e9trie, science \u00e0 la fois divine et terrestre, dont l\u2019application par m\u00e9tier se nomme \u00ab\u00a0franc-ma\u00e7onnerie\u00a0\u00bb. Ils donnent \u00e9galement des r\u00e8gles de conduite et des devoirs \u00e0 respecter par les gens de m\u00e9tier, les \u00ab\u00a0francs-ma\u00e7ons\u00a0\u00bb, envers la confr\u00e9rie, la soci\u00e9t\u00e9 humaine, la religion et l\u2019Etat.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re partie du Regius traite de l\u2019art de la g\u00e9om\u00e9trie et de l\u2019origine de son m\u00e9tier, la Franc-ma\u00e7onnerie, dont il attribue la fondation au math\u00e9maticien grec Euclide qui vivait \u00e0 Alexandrie, en Egypte, au 3e si\u00e8cle avant notre \u00e8re. En voici un extrait relatant justement cette fondation par Euclide:<\/p>\n<p>On thys maner, throz good wytte of gemetry,<br \/>\nBygan furst the craft of masonry :<br \/>\nThe clerk Euclyde on thys wyse hyt fonde,<br \/>\nThys craft of gemetry yn Egypte londe.<br \/>\nYn Egypte he tawzhte hyt ful wyde,<br \/>\nYn dyvers londe on every syde ;<br \/>\nMony erys afterwarde, y understonde,<br \/>\nZer that the craft com ynto thys londe.<br \/>\nAinsi, du noble art de g\u00e9om\u00e9trie,<br \/>\nNaquit le m\u00e9tier de ma\u00e7onnerie:<br \/>\nL\u2019a fond\u00e9 de cette fa\u00e7on le clerc Euclide,<br \/>\nCet art de g\u00e9om\u00e9trie au pays d\u2019Egypte.<br \/>\nIl l\u2019enseigna dans chaque contr\u00e9e de l\u2019Egypte<br \/>\nEt dans nombre de pays, loin des pyramides;<br \/>\nDes ann\u00e9es durant, d\u2019apr\u00e8s ce que j\u2019ai compris,<br \/>\nAvant que ce m\u00e9tier ne parvienne au pays*. * l\u2019Angleterre<\/p>\n<p>Le manuscrit se poursuit par le r\u00e9cit, toujours en vers, de l\u2019introduction de la Franc-ma\u00e7onnerie en Angleterre sous le r\u00e8gne du roi Athelstane, puis par une \u00e9num\u00e9ration des Devoirs du Franc-ma\u00e7on en quinze articles et quinze points, qui refl\u00e8tent d\u00e9j\u00e0 l\u2019id\u00e9al de perfection morale de la Franc-ma\u00e7onnerie moderne. Il passe ensuite au r\u00e9cit mythique des Quatre Couronn\u00e9s (Quatuor Coronati) et \u00e0 celui de la construction de la Tour de Babel ; il continue par la pr\u00e9sentation des sept arts lib\u00e9raux (grammaire, dialectique, rh\u00e9torique, musique, astronomie, arithm\u00e9tique et g\u00e9om\u00e9trie) qui constituaient \u00e0 l\u2019\u00e9poque les bases de la connaissance, puis se prolonge par des recommandations sur la messe et la mani\u00e8re de se comporter \u00e0 l\u2019\u00e9glise et se termine enfin par une instruction sur les bonnes mani\u00e8res.<\/p>\n<h1>\u00a0Les l\u00e9gendes ma\u00e7onniques<\/h1>\n<p>La Tour de Babel<br \/>\nLe manuscrit Regius (1390) relate ainsi l\u2019\u00e9dification et la destruction de la Tour de Babel :<\/p>\n<p>Ecoutez ce que j\u2019ai lu,<br \/>\nQue beaucoup d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s, \u00e0 grand effroi<br \/>\nLe d\u00e9luge de No\u00e9 eut d\u00e9ferl\u00e9,<br \/>\nLa Tour de Babel fut commenc\u00e9e,<br \/>\nLe plus gros ouvrage de chaux et de pierre,<br \/>\nQue jamais homme ait pu voir ;<br \/>\nSi long et si large on l\u2019entreprit,<br \/>\nQue sa hauteur faisait sept miles d\u2019ombre,<br \/>\nLe roi Nabuchodonosor le fit construire<br \/>\nAussi puissant pour la d\u00e9fense des hommes,<br \/>\nQue si un tel d\u00e9luge surv\u00eent,<br \/>\nIl ne pourrait submerger l\u2019ouvrage ;<br \/>\nParce qu\u2019ils avaient un orgueil si fier, avec grande vantardise<br \/>\nTout ce travail fut ainsi perdu ;<br \/>\nUn ange les frappa en diversifiant leurs langues,<br \/>\nSi bien qu\u2019ils ne se comprenaient plus jamais l\u2019un l\u2019autre.<br \/>\n(Traduction de Mme E.M. de Carlo)<\/p>\n<p>Ce passage du Regius fait allusion \u00e0 une lointaine tradition mythique qui ferait remonter la Ma\u00e7onnerie \u00e0 No\u00e9, dont les descendants, oublieux de la promesse faite par Dieu au patriarche, p\u00e8cheront par orgueil. Cette ancienne l\u00e9gende, qui semble avoir pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 celle de la mort d\u2019Hiram dans l\u2019ancienne tradition ma\u00e7onnique, aurait \u00e9t\u00e9 reprise vers le milieu du 18e si\u00e8cle dans le grade de Noachite, 21e degr\u00e9 du Rite Ecossais Ancien et Accept\u00e9, dont voici la l\u00e9gende :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les descendants de No\u00e9, malgr\u00e9 l\u2019arc-en-ciel qui \u00e9tait le signe de r\u00e9conciliation que Dieu avait donn\u00e9 aux hommes et par lequel il les assurait qu\u2019il ne se vengerait plus d\u2019eux, r\u00e9solurent de construire une tour assez \u00e9lev\u00e9e pour se mettre \u00e0 l\u2019abri de la vengeance divine. Dix ans apr\u00e8s qu\u2019ils eurent jet\u00e9 les bases de cet \u00e9difice, Dieu aper\u00e7ut l\u2019orgueil des hommes et descendit sur terre pour confondre leur projet en jetant la confusion dans les langues des ouvriers. C\u2019est pour cette raison qu\u2019on appelle cette Tour, Babel, qui signifie confusion mais dont le sens originel est Porte du Ciel et, en akkadien, Porte des dieux. Quelque temps plus tard, le roi Nemrod y fonda une ville qui fut appel\u00e9e Babylone, c\u2019est-\u00e0-dire enceinte de la confusion.\u00a0\u00bb (R\u00e9cit tir\u00e9 du \u00ab\u00a0Mutus Liber Latomorum\u00a0\u00bb, Le Livre Muet des Francs-ma\u00e7ons, \u00e9dit\u00e9 en 1993 par J.C. Bailly, Paris.)<\/p>\n<p>Le mot sacr\u00e9 de ce grade est assez significatif, puisqu\u2019il se compose des trois initiales S.C.J. qui correspondent aux noms des trois fils de No\u00e9, Sem, Cham et Japhet, consid\u00e9r\u00e9s comme les anc\u00eatres mythiques des races humaines actuelles.<\/p>\n<h2><b>Les Quatre Couronn\u00e9s<\/b><\/h2>\n<p>La l\u00e9gende des quatre martyrs couronn\u00e9s, ou Quatuor Coronati, repose sur une confusion, ce qui toutefois n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la qualit\u00e9 \u00e9vocatrice de cette l\u00e9gende.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Sous l\u2019empereur Romain Diocl\u00e9tien, cinq ma\u00e7ons tailleurs de pierre, qui avaient refus\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter la statue d\u2019une divinit\u00e9 pa\u00efenne, sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. A peu de temps pr\u00e8s, quatre soldats ayant refus\u00e9 d\u2019encenser l\u2019autel d\u2019Esculape, sont \u00e9galement condamn\u00e9s \u00e0 la peine capitale. Les neufs condamn\u00e9s seront ex\u00e9cut\u00e9s le m\u00eame jour et inhum\u00e9s dans la m\u00eame s\u00e9pulture. En 310, le pape Melchiade donne aux quatre soldats le titre de Quatuor Coronati. Ils seront plus tard confondus avec les tailleurs de pierre, leurs compagnons de supplice, et deviendront les protecteurs du m\u00e9tier de la construction.\u00a0\u00bb (R\u00e9cit repris de \u00ab\u00a0La Franc-ma\u00e7onnerie\u00a0\u00bb, Paul Naudon, \u00e9ditions PUF, coll. Que sais-je, Paris 1984.)<\/p>\n<p>Quant au Regius (1390), voici ce qu\u2019il en dit :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 ces quatre saints martyrs,<br \/>\nQui dans ce m\u00e9tier furent tenus en grand honneur,<br \/>\nIls \u00e9taient aussi bons ma\u00e7ons qu\u2019on puisse trouver sur terre,<br \/>\nSculpteurs et imagiers, ils \u00e9taient aussi,<br \/>\nCar ils \u00e9taient des ouvriers d\u2019\u00e9lite,<br \/>\nL\u2019empereur les tenait en grande estime ;<br \/>\nIl d\u00e9sira qu\u2019ils fissent une statue<br \/>\nQu\u2019on v\u00e9n\u00e9rerait en son honneur ;<br \/>\nEn son temps, il poss\u00e9dait de tels monuments,<br \/>\nPour d\u00e9tourner le peuple de la loi du Christ.<br \/>\nMais eux demeuraient fermes dans la loi du Christ,<br \/>\nEt dans leur m\u00e9tier sans compromis ;<br \/>\nIls aimaient bien Dieu et tout son enseignement,<br \/>\nEt s\u2019\u00e9taient vou\u00e9s \u00e0 son service pour toujours.<br \/>\nEn ce temps-l\u00e0, ils furent des hommes de v\u00e9rit\u00e9,<br \/>\nEt v\u00e9curent droitement dans la loi de Dieu ;<br \/>\nIls n\u2019entendaient point fabriquer des idoles,<br \/>\nQuelque b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019ils puissent en retirer,<br \/>\nNi prendre cette idole pour leur Dieu,<br \/>\nIls refus\u00e8rent de le faire, malgr\u00e9 sa col\u00e8re ;<br \/>\nCar ils ne voulaient pas renier leur vraie foi,<br \/>\nEt croire \u00e0 sa fausse loi,<br \/>\nL\u2019empereur les fit arr\u00eater sans d\u00e9lai,<br \/>\nEt les mit dans un profond cachot ;<br \/>\nPlus cruellement il les y punissait,<br \/>\nPlus ils se r\u00e9jouissaient dans la gr\u00e2ce de Dieu,<br \/>\nAlors, quand il vit qu\u2019il ne pouvait plus rien,<br \/>\nIl les laissa alors aller \u00e0 la mort ;<br \/>\nCelui qui voudra, trouvera dans le livre<br \/>\nDe la l\u00e9gende des saints,<br \/>\nLes noms des quatre couronn\u00e9s.<br \/>\nLeur f\u00eate est bien connue,<br \/>\nLe huiti\u00e8me jour apr\u00e8s la Toussaint.\u00a0\u00bb<br \/>\n(Traduction de Mme E.M. de Carlo.)<br \/>\nRemarque<br \/>\nOn trouvera sur le site http:\/\/web.club-internet.fr\/chdioux une version compl\u00e8te du Regius, en ancien anglais avec, en parall\u00e8le, une traduction fran\u00e7aise tr\u00e8s proche de l\u2019original anglais, due \u00e0 Mme E.M. de Carlo.<\/p>\n<h2><b>La l\u00e9gende de la mort d\u2019Hiram<\/b><\/h2>\n<p>Cette l\u00e9gende \u00e9tant directement li\u00e9e au rite de passage \u00e0 la ma\u00eetrise ou 3e degr\u00e9 de la Franc-ma\u00e7onnerie, nous nous bornerons, et cela bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 maintes fois publi\u00e9e dans son int\u00e9gralit\u00e9, \u00e0 n\u2019en pr\u00e9senter que quelques donn\u00e9es essentielles, pour \u00e9viter une banalisation de ce rite de passage pouvant nuire \u00e0 sa force \u00e9vocatrice.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ma\u00eetre Hiram, architecte du Temple de Salomon, avait des milliers d\u2019ouvriers sous ses ordres. Pour \u00e9viter toute confusion et pouvoir les distinguer entre eux selon leurs capacit\u00e9s et leur m\u00e9rite, il les divisa en trois classes ou degr\u00e9s : apprentis, compagnons et ma\u00eetres. Il donna \u00e0 chacun d\u2019eux les mots, signes et attouchements correspondant \u00e0 leur degr\u00e9, de mani\u00e8re que l\u2019on puisse les reconna\u00eetre et qu\u2019ils puissent eux-m\u00eames se reconna\u00eetre entre eux et faire valoir leur droit au salaire d\u00fb \u00e0 leur rang. Trois Compagnons, d\u00e9sireux de conna\u00eetre les signes et mots secrets des Ma\u00eetres pour acc\u00e9der \u00e0 un salaire sup\u00e9rieur, r\u00e9solurent de l\u2019obtenir d\u2019Hiram par la menace, et au besoin par la force. Hiram refusa et mourut sous les coups successifs des trois ren\u00e9gats. Il fut retrouv\u00e9 gisant sous un tertre sur lequel avait germ\u00e9 un acacia.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019acacia, qui reste toujours vert, est per\u00e7u comme le symbole de l\u2019immortalit\u00e9 qui, dans le cas de la l\u00e9gende d\u2019Hiram, peut s\u2019interpr\u00e9ter de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, suivant les convictions religieuses ou philosophiques de chacun.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire de la Franc-ma\u00e7onnerie moderne Tout en demeurant indissociable de ses origines plus lointaines, l\u2019histoire de la Franc-ma\u00e7onnerie telle que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"class_list":["post-255","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/255","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=255"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/255\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":256,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/255\/revisions\/256"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}