{"id":1205,"date":"2003-03-12T15:17:55","date_gmt":"2003-03-12T14:17:55","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1205"},"modified":"2017-10-13T11:17:20","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:20","slug":"la-conscience-de-lautre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/la-conscience-de-lautre\/","title":{"rendered":"La conscience de l&rsquo;Autre"},"content":{"rendered":"<h2><b>Le th\u00e8me du mois: L&rsquo;altruisme<\/b><\/h2>\n<p><i>J.-L. R.\u00a0<\/i>(Revue ma\u00e7onnique suisse: mars 2003)<\/p>\n<p><b>Je me suis inspir\u00e9 pour le texte qui suit de la lecture de la Gen\u00e8se par Mary Balmary dans son livre \u00abLa Divine Origine &#8211; Dieu n&rsquo;a pas cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;homme\u00bb. Elle y voit entre autres un \u00abpassage\u00bb de l&rsquo;humain \u00e0 l&rsquo;homme suscit\u00e9 par la rencontre d&rsquo;Adam avec Eve.<\/b><\/p>\n<p>Avant la cr\u00e9ation d&rsquo;Eve, Adam est nomm\u00e9 l&rsquo;humain par les Ecritures. D\u00e8s l&rsquo;apparition d&rsquo;Eve il prend le nom d&rsquo;homme (par opposition au nom femme?). La confrontation, la relation, l&rsquo;\u00e9change entre les deux personnages est \u00e0 l&rsquo;origine de la conscience. La conscience se d\u00e9finit toujours comme conscience de quelque chose. Ici la conscience du \u00abje\u00bb et du \u00abtu\u00bb, la conscience de l&rsquo;Autre, va d\u00e9terminer la conscience chez l&rsquo;homme de sa propre existence et de celle de l&rsquo;Autre qu&rsquo;il va devoir accueillir, conna\u00eetre et respecter.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme qui vient frapper \u00e0 la porte du temple ma\u00e7onnique a d\u00e9j\u00e0 plus ou moins conscience de cette alt\u00e9rit\u00e9 et de la projection qu&rsquo;elle implique de sa dualit\u00e9. C&rsquo;est son unit\u00e9 int\u00e9rieure perdue qu&rsquo;il recherche.<\/p>\n<p>A travers les trois degr\u00e9s de l&rsquo;initiation il va trouver en lui-m\u00eame ce qu&rsquo;il cherchait en vain au dehors et repasser de la dualit\u00e9 de l&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Humain &#8211; avec majuscule car il s&rsquo;agit d&rsquo;une \u00e9volution. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d&rsquo;une forme d&rsquo;\u00e9nergie que l&rsquo;on nomme conscience. Conscience de son \u00eatre = Etre Humain.<\/p>\n<p>Le franc-ma\u00e7on est un homme libre dans une loge libre. Pas apr\u00e8s pas il se rend compte de ses limites, des fronti\u00e8res dans lesquelles il est enferm\u00e9, du territoire limit\u00e9 duquel il est ses a\u00efeux \u00e0 travers l&rsquo;inconscient familial, collectif, ethnique, au sens jungien du terme. De cet \u00e9tat de prisonnier l&rsquo;homme n&rsquo;est bien souvent m\u00eame pas conscient. De ses possibilit\u00e9s de libert\u00e9 encore moins. La premi\u00e8re \u00e9tape de son \u00e9volution est donc la prise de Conscience.<\/p>\n<h2><b>La cl\u00e9 de la transformation<\/b><\/h2>\n<p>Et voil\u00e0 le mot, le ma\u00eetre mot qui reviendra souvent au long de nos travaux: Conscience. Non pas cette conscience profane, souvent qualifi\u00e9e de bonne ou mauvaise, invoqu\u00e9e \u00e0 tort et \u00e0 travers dans une acception dont la plupart des hommes ont perdu le sens &#8211; j&rsquo;ai bien conscience de &#8211; mais dans le sens sup\u00e9rieur &#8211; Conscience &#8211; avec majuscule. Il ne s&rsquo;agit plus ici d&rsquo;avoir conscience, mais de devenir conscient, d&rsquo;\u00eatre conscient, d&rsquo;\u00eatre Conscience. Alors seulement s&rsquo;ouvre pour le ma\u00e7on la porte de la libert\u00e9. Libert\u00e9 de passer du stade d&rsquo;homme \u00e0 celui d&rsquo;Etre Humain. La nuance est de taille car si, de par sa naissance, chaque individu na\u00eet homme, tous ne parviennent pas \u00e0 la dimension d&rsquo;Etre Humain. Tous ne r\u00e9pondent pas \u00e0 l&rsquo;appel \u00abcherchez et vous trouverez\u00bb qui les poussent vers les portes du temple. Tous n&rsquo;ont pas ce courage, cette conscience d&rsquo;une dimension sup\u00e9rieure \u00e0 d\u00e9couvrir et \u00e0 conqu\u00e9rir afin qu&rsquo;elle les transforme d&rsquo;hommes en Etres Humains.<\/p>\n<p>Et puis pour celui qui a su trouver ce courage et dispose de cette Conscience, m\u00eame si elle est encore \u00e0 ce stade embryonnaire, voil\u00e0 qu&rsquo;il se trouve encore face \u00e0 un obstacle: la porte est ferm\u00e9e. Bien s\u00fbr, n&rsquo;entre pas ici qui veut, alors il faut frapper, acte conscient qui engage tout l&rsquo;entier de celui qui frappe car on va lui ouvrir, on va l&rsquo;inviter \u00e0 entrer. Que va-t-il trouver derri\u00e8re cette myst\u00e9rieuse porte?<\/p>\n<p>Parfois la peur &#8211; encore elle &#8211; s&#8217;empare de l&rsquo;homme et il renonce. Aux portes du temple il renonce \u00e0 s&rsquo;engager, \u00e0 prendre un risque, \u00e0 prendre la libert\u00e9 de changer &#8211; ah! la r\u00e9sistance au changement -, de faire une r\u00e9volution int\u00e9rieure afin de devenir un Autre. Un Autre. C\u2019est dans la prise de conscience de l&rsquo;existence de cet Autre que l&rsquo;homme trouve la cl\u00e9 de sa transformation en Etre Humain. Pas seulement de l&rsquo;autre des profanes, des autres, oppos\u00e9s au moi mais de l&rsquo;Autre en Soi. De ce guide qui nous m\u00e8ne sans nous \u00e9garer, de cet ami int\u00e9rieur entre les mains duquel le fr\u00e8re pr\u00e9parateur nous laisse lors de notre initiation.<\/p>\n<p>L&rsquo;Autre. L&rsquo;Essence oubli\u00e9e que, profanes, nous cherchons autour de nous, \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de nous. Parmi les autres. Et que nous croyons, pleins d&rsquo;espoir, trouver ici ou l\u00e0 lors de nos nombreuses et vaines qu\u00eates chez les hommes. L&rsquo;Essence sacr\u00e9e de nous-m\u00eames que l&rsquo;\u00e9ducation &#8211; quelle qu&rsquo;elle soit &#8211; a profan\u00e9, gauchi, perverti, \u00e9touff\u00e9 et enfin recouvert de ce verni social que l&rsquo;on nomme pompeusement personnalit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour trouver cette essence, c&rsquo;est bien en nousm\u00eames qu&rsquo;il faut plonger, qu&rsquo;il faut chercher, frapper, ouvrir, demander, pour enfin recevoir cette libert\u00e9 lumineuse. Celle que personne d&rsquo;autre ne nous accordera jamais. Retrouver cette essence, cette conscience d&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est notre qu\u00eate.<\/p>\n<h2><b>L&rsquo;homme est invit\u00e9 \u00e0 entrer<\/b><\/h2>\n<p>Pour y parvenir, les Anciens ont compris qu&rsquo;il fallait r\u00e9unir des conditions de travail exceptionnelles, des lieux prot\u00e9g\u00e9s dans lesquels l&rsquo;homme pouvait s&rsquo;affranchir de toute contingence, se lib\u00e9rer de ses pr\u00e9jug\u00e9s, de ses conditionnements, de ses id\u00e9es re\u00e7ues afin de pouvoir enfin &#8211; et alors seulement &#8211; entrer en contact avec cet Autre, cet Etre encore inconnu qui dort au fond de lui et n&rsquo;attend que le moment de se r\u00e9veiller.<\/p>\n<p>Ce lieu est le temple, l\u00e0 o\u00f9 se rencontrent l&rsquo;esprit et le corps afin de s&rsquo;unir, de ne plus former qu&rsquo;un, l&rsquo;individu, celui que plus rien ne pourra jamais s\u00e9parer. Ici dans ce lieu, symbole d&rsquo;un temple plus sacr\u00e9 encore, nous sommes une fois de plus r\u00e9unis pour nous rappeler le but, le sens de notre qu\u00eate : l&rsquo;Unit\u00e9. Cette unit\u00e9 int\u00e9rieure qui transforme et nous donne un nouveau statut: celui d&rsquo;Etre.<\/p>\n<p>Je suis et je ne suis qu&rsquo;un. Premier commandement de Dieu aux H\u00e9breux. Cette affirmation que l&rsquo;on pr\u00eate \u00e0 Dieu et \u00e0 lui seul dans les Eglises semble exclure l&rsquo;homme de tout partage. Alors que c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment le contraire qui se passe. L&rsquo;homme est invit\u00e9 \u00e0 entrer, il est invit\u00e9 aux noces (de l&rsquo;esprit et du corps) \u00e0 devenir un et indivisible (hors d&rsquo;atteinte du diabolos, le s\u00e9parateur).<\/p>\n<p>Je suis et je ne suis qu&rsquo;un. Commandement premier, but ultime vers lequel nous devons tendre, \u00e0 travers les trois stades de notre initiation, afin de retrouver, en nous, encore intacte, cette force qui va nous redresser, nous \u00e9veiller. Et c&rsquo;est l&rsquo;Eveil. Rien d\u00e9sormais n&rsquo;est plus comme avant. Le pass\u00e9 est abandonn\u00e9, le nouvel homme se r\u00e9v\u00e8le et change de direction, il va vers l&rsquo;Orient, symbole de la Lumi\u00e8re, vers la clart\u00e9, vers la vision claire des choses, vers la V\u00e9rit\u00e9. Il a d\u00e9sormais conscience de lui-m\u00eame, il est conscient, il agit consciemment, il parle consciemment, il vit consciemment, il est l&rsquo;Autre. Je suis. Plus besoin de dire qui ou quoi ou comment. Je suis. Forme pr\u00e9sente du verbe \u00eatre. Je suis, ici et maintenant, simplement, fortement, vigoureusement.<\/p>\n<h2><b>Il sait qu&rsquo;il a tout en lui<\/b><\/h2>\n<p>Celui qui avait \u00e9t\u00e9 cach\u00e9 et qui peut enfin vivre au grand jour et s&rsquo;affirmer comme un Etre. Il n&rsquo;a plus besoin de projeter dans l&rsquo;autre ses propres attentes, ses besoins, ses esp\u00e9rances. Il sait qu&rsquo;il a tout en lui et que c&rsquo;est en lui qu&rsquo;il peut, qu&rsquo;il doit chercher et touver ses r\u00e9ponses, ses crit\u00e8res, sa Libert\u00e9. Nous sommes les fils de cette Lumi\u00e8re. Cette lumi\u00e8re que nous sommes venus chercher ici, dans ce temple, symbole du Temple Id\u00e9al de l&rsquo;humanit\u00e9 dans lequel nous nous trouverons nous-m\u00eames par nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Travaillons sans rel\u00e2che \u00e0 cette conqu\u00eate, sans nous laisser distraire par l&rsquo;inutile et le futile. Travaillons sans \u00e9couter les faux proph\u00e8tes qui nous disent que nous r\u00eavons, que la r\u00e9compense appartient \u00e0 un monde meilleur, ailleurs et plus tard. Ailleurs et plus tard? Non, ici et maintenant, le royaume est \u00e0 port\u00e9e de main car il suffit de frapper pour que l\u2019on vous ouvre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le th\u00e8me du mois: L&rsquo;altruisme J.-L. 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