{"id":1240,"date":"2003-11-12T15:50:31","date_gmt":"2003-11-12T14:50:31","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1240"},"modified":"2017-10-13T11:17:18","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:18","slug":"les-besoins-spirituels-a-lapproche-de-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/les-besoins-spirituels-a-lapproche-de-mort\/","title":{"rendered":"Les besoins spirituels \u00e0 l\u2019approche de mort"},"content":{"rendered":"<h2><b>L\u2019\u00e9coute nouvelle de la personnalit\u00e9 dans sa globalit\u00e9<\/b><\/h2>\n<p><b>Il \u00e9tait jadis de bon ton d\u2019\u00e9crire qu\u2019une personnalit\u00e9 quittait ce bas-monde \u00abentour\u00e9e de sa famille en distribuant b\u00e9n\u00e9dictions et sages recommandations\u00bb. Un ministre religieux apportait une b\u00e9n\u00e9diction ou un sacrement avant l\u2019extinction du vieillard. De nos jours la majorit\u00e9 de nos concitoyens meurt \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de l\u2019une ou l\u2019autre maladie, des suites d\u2019un accident, ou, surtout, parce qu\u2019en vue de le soulager, le patient en fin de vie est envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pour des soins et suivis m\u00e9dicaux qui ne pourraient \u00eatre effectu\u00e9s \u00e0 domicile.<\/b><\/p>\n<p><i>(Revue ma\u00e7onnique suisse: novembre 2003)<\/i><\/p>\n<p>Les soins palliatifs sont donn\u00e9s pour le confort du patient alors que les m\u00e9decins constatent qu\u2019ils ne peuvent plus rien entreprendre pour endiguer la maladie. Il ne s\u2019agit plus de poursuivre des th\u00e9rapies hautement techniques mais de soulager au mieux les souffrances de l\u2019int\u00e9ress\u00e9, de s\u2019occuper aussi de la famille dans l\u2019\u00e9preuve. Cette qualit\u00e9 de soins est apparue en Angleterre dans les ann\u00e9es 70 puis s\u2019est r\u00e9pandue, en Suisse notamment. Dans ce contexte se sont d\u00e9velopp\u00e9es une observation et une r\u00e9flexion approfondies sur les besoins spirituels des derni\u00e8res \u00e9tapes de la vie. Une \u00e9coute et un accompagnement nouveaux sont apparus.<\/p>\n<p>L\u2019\u00eatre a plusieurs composantes. Mourir n\u2019est pas un \u00e9v\u00e9nement biologique seulement, il est avant tout un \u00e9v\u00e9nement humain, social et spirituel. Un accident, une maladie ou l\u2019annonce d\u2019une issue fatale place l\u2019individu devant sa propre vie. Lui apparaissent alors des questions existentielles sur le sens de l\u2019existence: Qu\u2019est-ce qui m\u2019arrive? Pourquoi? Qui suis-je? Qui suis-je aux yeux des autres? Qui suisje, en fait, \u00e0 mes propres yeux? Comment fonctionne le destin, la fatalit\u00e9? Que vais-je devenir? Se manifeste ensuite un r\u00e9veil sur la question de la mort et de l\u2019au-del\u00e0, \u00e9nigmes dont chacun de nous a conscience mais qu\u2019il occulte durant sa vie active. Il y a une approche de la transcendance, c\u2019est\u00e0- dire de ce qui se situe en dehors de notre action et m\u00eame de notre pens\u00e9e. Il y a aussi une recherche, dans ce peu de temps qui reste \u00e0 vivre, de \u00abce qui a du poids\u00bb, de \u00abce qui tient devant l\u2019\u00e9preuve\u00bb, de \u00abce qui est plus fort que la mort\u00bb. Une nouvelle hi\u00e9rarch\u00e9risation des \u00e9v\u00e9nements de la vie a lieu. La maladie terminale engendre \u00e9galement un temps de solitude, des r\u00e9flexions se font jour: la relation \u00e0 Dieu ou \u00e0 une Puissance supr\u00eame. Un bilan personnel est \u00e9tabli. La maladie grave engendre une urgence de paroles vraies, de valeurs essentielles, et la n\u00e9cessit\u00e9 que ces paroles soit entendues.<\/p>\n<h2><b>Les besoins spirituels<\/b><\/h2>\n<p>La personne humaine forme un ensemble dans lequel la dimension spirituelle est incluse. L\u2019accompagnement plus proche des patients en fin de vie a permis de mieux cerner les aspirations de ces instants, de mieux prendre en compte toute la personnalit\u00e9, au-del\u00e0 d\u2019une simple pri\u00e8re d\u2019intercession. Ces besoins sont multiples: donner sens \u00e0 son existence et avoir un but, espoir, amour, pardon \u00e0 accorder et \u00e0 recevoir, recherche de sources de force, confiance pour exprimer ses propres convictions et valeurs, d\u00e9sir de pratiques spirituelles, rem\u00e9moration et r\u00e9trospective: ses r\u00e9ussites, ses \u00e9checs, le non-r\u00e9alis\u00e9, puis poser des priorit\u00e9s. Le malade, affaibli, en a encore davantage besoin que le bien-portant. Il s\u2019agit d\u2019une prise en compte et d\u2019un accueil de la personnalit\u00e9 enti\u00e8re, avec l\u2019ensemble de sa r\u00e9flexion. Toute recherche du sens de la vie en relation avec la transcendance, quel que soit le nom qu\u2019on lui donne, est consid\u00e9r\u00e9e comme une d\u00e9marche spirituelle, ainsi que celle \u00e0 caract\u00e8re \u00e9thique, philosophique, religieux et culturel. L\u2019aspect religieux, constatent les accompagnants, peut contribuer \u00e0 cet accueil mais ne r\u00e9sout pas toutes les aspirations et ces interlocuteurs sp\u00e9cialis\u00e9s doivent donc \u00e9tablir une diff\u00e9rence entre la spiritualit\u00e9, l\u2019accompagnement pastoral et la religion.<\/p>\n<h2><b>Le sens et l\u2019\u00e9coute<\/b><\/h2>\n<p>Il arrive un moment o\u00f9 l\u2019homme ne parvient plus \u00e0 \u00e9liminer la mort par son refus de l\u2019envisager. Il lui appartient de lui conf\u00e9rer un sens. Le physicien Viktor Frankl dit que \u00abl\u2019homme n\u2019est pas d\u00e9truit par la souffrance mais par la souffrance qui n\u2019a pas de sens\u00bb. Il y a recherche de sens sur la coh\u00e9rence de la vie, il y a souffrance \u00e0 mourir sans avoir dit oui \u00e0 sa propre vie.<\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00e9preuve de la crise ou de l\u2019approche de la mort, la spiritualit\u00e9 devient forte. L\u2019\u00e9coute des accompagnants devient n\u00e9cessaire. Les soins spirituels impliquent de comprendre le point de vue philosophique et religieux du patient ainsi que ses pratiques, sans jugement. Il s\u2019agit d\u2019accepter la personne tout enti\u00e8re avec sa souffrance, ses rires, ses larmes, ses amours, sa col\u00e8re, son angoisse et cela sans r\u00e9serve ni critique, de lui cr\u00e9er des conditions qui assurent un accompagnement, avec la capacit\u00e9 d\u2019entrer dans le monde de l\u2019autre et de r\u00e9agir de mani\u00e8re sensible. L\u2019accompagnant devient d\u00e8s lors le miroir parlant qui renvoie au patient, celui-ci est encourag\u00e9 en parlant de ses peurs et exposant ses souvenirs.<\/p>\n<p>Cette \u00e9coute et ce dialogue peuvent mener \u00e0 des r\u00e9conciliations.<\/p>\n<p>Les proches se doivent d\u2019aider la personne \u00e0 trouver du courage pour affronter la situation. Cette aide n\u2019est qu\u2019une \u00e9tape de croissance qui permettra \u00e0 l\u2019interlocuteur de construire et de nommer sa propre r\u00e9ponse et de m\u00fbrir sa d\u00e9cision en pr\u00e9sence d\u2019un t\u00e9moin qui ne lui impose rien. L\u2019\u00e9coute et le dialogue permettent \u00e9ventuellement une r\u00e9conciliation avec soi-m\u00eame, avec des \u00e9tapes de vie, avec son entourage, \u00e0 travers une ou plusieurs crises.<\/p>\n<p>A cette lecture les ma\u00e7ons comprendront mieux le soin \u00e0 apporter au choix de l\u2019hospitalier de la loge dans son approche des fr\u00e8res bless\u00e9s, en crise, ou mourants. Il ne s\u2019agit pas de s\u2019improviser \u00abaccompagnant sp\u00e9cialis\u00e9\u00bb mais de comprendre la richesse spirituelle de chacun et de savoir la reconna\u00eetre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9coute nouvelle de la personnalit\u00e9 dans sa globalit\u00e9 Il \u00e9tait jadis de bon ton d\u2019\u00e9crire qu\u2019une personnalit\u00e9 quittait ce bas-monde [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1240","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1240"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1241,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240\/revisions\/1241"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1240"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1240"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}