{"id":1267,"date":"2004-05-12T16:07:35","date_gmt":"2004-05-12T14:07:35","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1267"},"modified":"2020-03-05T11:20:51","modified_gmt":"2020-03-05T10:20:51","slug":"oswald-wirth-et-une-certaine-idee-de-la-franc-maconnerie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/oswald-wirth-et-une-certaine-idee-de-la-franc-maconnerie\/","title":{"rendered":"Oswald Wirth et \u00abune certaine id\u00e9e\u00bb de la franc-ma\u00e7onnerie"},"content":{"rendered":"<p><b><i>Les M\u00e9moires de Guerre du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle s\u2019ouvrent par deux phrases c\u00e9l\u00e8bres: \u00abToute ma vie, je me suis fait une certaine id\u00e9e de la France. Le sentiment me l\u2019inspire aussi bien que la raison\u00bb. Ces mots s\u2019appliquent parfaitement \u00e0 Oswald Wirth dont les convictions, \u00e0 propos de la mani\u00e8re dont un homme doit prendre ses responsabilit\u00e9s, se manifestent d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de seize ans. Wirth demeurera, sa vie ma\u00e7onnique durant, un contestataire dans le meilleur sens du mot: je veux dire qu\u2019il se refusera toujours \u00e0 accepter les opinions du plus grand nombre, ce qui exige du courage et de la force de caract\u00e8re.<\/i><\/b><\/p>\n<p><i>A. B. (Revue ma\u00e7onnique suisse: mai 2004)<\/i><\/p>\n<p>Wirth est n\u00e9 le 5 ao\u00fbt 1860 dans le canton de Berne \u00e0 Brienz o\u00f9 son p\u00e8re, originaire de Rouffach, s\u2019\u00e9tait exil\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 en 1849 \u00e0 neuf mois de prison pour avoir particip\u00e9 au soul\u00e8vement de l\u2019Alsace. Il fait ses \u00e9tudes \u00e0 Fribourg au Coll\u00e8ge Saint-Michel qu\u2019il devra quitter, \u00e9crit Marius Lepage, car \u00abrapidement les pr\u00eatres du coll\u00e8ge, lass\u00e9s des continuelles interrogations de ce \u2018contestataire\u2019 en mati\u00e8re de dogmes, le renvoient, \u2018en raison de ses opinions religieuses\u2019\u00bb.<sup><a href=\"#1\">1<\/a><\/sup>\u00a0Apr\u00e8s trois ans pass\u00e9s en Angleterre, il fait son service militaire au 106e R\u00e9giment d\u2019Infanterie \u00e0 Ch\u00e2lons-sur-Marne. Il est initi\u00e9 le 26 janvier 1884 \u00e0 La Bienfaisance Ch\u00e2lonnaise, loge du Grand Orient de France. \u00c9lev\u00e9 au grade de Ma\u00eetre le 27 juin 1885, il devient Secr\u00e9taire de sa loge la m\u00eame ann\u00e9e et est choisi comme rapporteur de la question pos\u00e9e par le Grand Orient \u00e0 ses loges: Quelles sont les modifications qu\u2019il convient d\u2019apporter aux rituels? \u00abWirth comprend, \u00e9crit Marius Lepage, que les rituels alors en vigueur ne correspondent plus \u00e0 rien d\u2019authentiquement initiatique&#8230; ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9s de ce qui en constituait l\u2019essence m\u00eame, et la raison d\u2019\u00eatre&#8230; Il convient que soient maintenus les anciens rituels, quitte \u00e0 y apporter quelques simplifications ayant pour objet de les d\u00e9barrasser de tout le verbiage grandiloquent propre \u00e0 presque tout le XIXe si\u00e8cle. Il ne s\u2019agit nullement de faire du neuf, comme le demande le Conseil de l\u2019Ordre, mais de revenir aux plus anciennes traditions initiatiques dans leur totalit\u00e9 et leur int\u00e9gralit\u00e9\u00bb.<sup><a href=\"#2\">2<\/a><\/sup>\u00a0La loge d\u00e9cidera la diffusion de ce rapport pr\u00e9monitoire. De retour \u00e0 Paris, Wirth devient le secr\u00e9taire de Stanislas de Guaita et s\u2019affilie \u00e0 une loge du Grand Orient, Les Amis triomphants, o\u00f9 ses id\u00e9es sur le rituel rencontrent peu d\u2019\u00e9chos. Le 22 mai 1888, il vient en visiteur \u00e0 la loge Travail et Vrais Amis Fid\u00e8les qui vient de quitter le Supr\u00eame Conseil de France pour se rattacher \u00e0 la Grande Loge Symbolique \u00c9cossaise. Il y donne une conf\u00e9rence qui a beaucoup de succ\u00e8s, s\u2019y affilie le 26 mars 1889 et en deviendra V\u00e9n\u00e9rable quatre ans plus tard.<sup><a href=\"#3\">3<\/a><\/sup>\u00a0Cette loge, \u00e9crit Paul Lanchais, \u00e9tait compos\u00e9e essentiellement de petits commer\u00e7ants et artisans, l\u2019\u00e9l\u00e9ment bagnard y \u00e9tait fortement repr\u00e9sent\u00e9 par des hommes jug\u00e9s par un Conseil de Guerre pour avoir particip\u00e9 \u00e0 l\u2019insurrection de la Commune, condamn\u00e9s \u00e0 dix ans de bagne en Nouvelle-Cal\u00e9donie et amnisti\u00e9s en 1879.<sup><a href=\"#4\">4<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Dans ce qui est probablement son premier article ma\u00e7onnique, Wirth \u00e9crit en 1889: \u00abToute la Franc- Ma\u00e7onnerie fran\u00e7aise doit \u00eatre r\u00e9organis\u00e9e. Il y a aujourd\u2019hui trois grades, Apprenti, Compagnon et Ma\u00eetre. Ils n\u2019ont en v\u00e9rit\u00e9 aucune existence effective. Ils sont pratiqu\u00e9s dans les Loges comme de simples formalit\u00e9s ne r\u00e9pondant pas \u00e0 une discrimination intellectuelle&#8230; [On s\u2019occupe dans les Loges] de tout sauf de la Ma\u00e7onnerie&#8230; Tout cela serait travail qui, parce que profane, pourrait s\u2019accomplir devant un public profane&#8230; aux ma\u00e7ons de sauver [la Franc-Ma\u00e7onnerie] par appel au r\u00e9veil et \u00e0 la r\u00e9novation\u00bb.<sup><a href=\"#5\">5<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Sa loge publie en juin 1893 les soixante-seize pages de son Rituel Interpr\u00e9tatif pour le Grade d\u2019Apprenti, dont sa Grande Loge a recommand\u00e9 l\u2019\u00e9tude par une circulaire qui approuve pleinement \u00abl\u2019esprit qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la r\u00e9daction de ce travail\u00bb.<sup><a href=\"#6\">6<\/a><\/sup>\u00a0C\u2019est encore sa loge qui, un an plus tard, publie et distribue<sup><a href=\"#7\">7<\/a><\/sup>\u00a0aux ateliers de la Grande Loge Symbolique la premi\u00e8re \u00e9dition du Livre de l\u2019Apprenti \u2013 fort maintenant de 192 pages \u2013 dont le texte est pratiquement celui que nous avons aujourd\u2019hui dans nos biblioth\u00e8ques.<\/p>\n<p>Ces deux publications font l\u2019objet en novembre 1895 d\u2019un Rapport confidentiel au Grand Coll\u00e8ge des Rites du F&#8230; Louis Amiable (1837-1897) \u2014 plus connu aujourd\u2019hui pour le livre qu\u2019il consacra \u00e0 la Loge des Neuf Soeurs \u2014 dont voici le d\u00e9but: \u00abLe Gr&#8230; Orat&#8230; croit devoir d\u00e9noncer au Grand Coll\u00e8ge deux publications, qualifi\u00e9es initiatiques, qui lui paraissent constituer un essai de r\u00e9action calcul\u00e9e, tendant \u00e0 d\u00e9sunir la Franc-Ma\u00e7onnerie fran\u00e7aise, \u00e0 la pervertir et \u00e0 la discr\u00e9diter\u00bb. Rien de moins! Le Grand Coll\u00e8ge approuve ce rapport et le transmet au Conseil de l\u2019Ordre qui le notifiera \u00abaux Pr\u00e9sidents d\u2019Ateliers \u00e0 titre d\u2019avertissement confidentiel\u00bb en juin 1896.<sup><a href=\"#8\">8<\/a><\/sup>\u00a0Wirth se d\u00e9clare calomni\u00e9, fait appel \u00e0 la justice ma\u00e7onnique et requiert la mise en accusation d\u2019Amiable. Le 28 juillet 1896, sa loge vote \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 l\u2019impression de cette plainte et \u00abapr\u00e8s avoir constat\u00e9 l\u2019exactitude mat\u00e9rielle du fait sur lequel se base cette demande, d\u00e9clare se porter garant des sentiments ma\u00e7onniques du F&#8230; Oswald Wirth, son Orateur actuel, et d\u00e9cide de transmettre \u00e0 la Grande Loge Symbolique de France la plainte dont elle est saisie\u00bb.<sup><a href=\"#9\">9<\/a><\/sup>\u00a0Ces documents sont adress\u00e9s \u00e0 toutes les loges du Grand Orient.<\/p>\n<p>Des discussions agitent la loge en 1897. Certains d\u00e9clarent que le r\u00f4le de la Ma\u00e7onnerie n\u2019est pas de faire de la politique, d\u2019autres estiment qu\u2019elle doit s\u2019occuper du bien-\u00eatre de l\u2019humanit\u00e9 et de l\u2019affranchissement du citoyen. Un Fr\u00e8re Chalon explique que \u00abquand il est entr\u00e9 dans la loge, il a assist\u00e9 \u00e0 des discussions terre-\u00e0-terre qui ne peuvent int\u00e9resser la Ma\u00e7onnerie, mais que depuis que le F&#8230; Wirth nous a instruits philosophiquement, il comprend mieux la Ma\u00e7onnerie\u00bb.<sup><a href=\"#10\">10<\/a><\/sup>\u00a0Le jour de la r\u00e9\u00e9lection de Wirth comme V\u00e9n\u00e9rable, le 22 novembre 1898, sept FF&#8230; d\u00e9missionnent de l\u2019atelier. Au cours de la Tenue solennelle suivante, Wirth dira \u00e0 ses FF&#8230;: \u00abIl s\u2019agit de faire de la ma\u00e7onnerie proprement dite. Que devons-nous entendre par ces paroles? &#8230; Faire de la ma\u00e7onnerie proprement dite, c\u2019est pratiquer fid\u00e8lement les rites traditionnels, mais en cherchant leur signification. C\u2019est qu\u2019en effet on ne doit pas \u00eatre l\u2019esclave des traditions ritu\u00e8liques, et on ne doit en pratiquer la lettre qu\u2019\u00e0 cause de l\u2019esprit. Beaucoup d\u2019Ateliers s\u2019\u00e9cartent de plus en plus de la ma\u00e7onnerie v\u00e9ritable. Ils ont cess\u00e9 d\u2019en pratiquer l\u2019esprit, et c\u2019est pourquoi ils ont trouv\u00e9 que la lettre \u00e9tait superflue &#8230; Le rituel ma\u00e7onnique a une signification profonde &#8230; on en a perdu le sens \u00e9sot\u00e9rique &#8230; l\u2019initiation ma\u00e7onnique doit pouvoir arriver \u00e0 former des hommes comme il y en a peu dans la soci\u00e9t\u00e9 profane, \u00e9clair\u00e9s, et pouvant exercer une action immense dans le monde\u00bb.<sup><a href=\"#11\">11<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Et Lanchais qui cite en les r\u00e9sumant les expos\u00e9s de Wirth au cours des r\u00e9unions qui suivirent sa r\u00e9\u00e9lection comme V\u00e9n\u00e9rable, commente: Toutes les Tenues Solennelles ont fait l\u2019objet d\u2019une conf\u00e9rence ou d\u2019expos\u00e9s ex-cathedra de tr\u00e8s haut niveau sur le m\u00eame sujet central, l\u2019initiation ma\u00e7onnique, la langue sacr\u00e9e, le symbolisme. Pour les auditeurs, tout au moins pour certains, cette s\u00e9rie a pu para\u00eetre excessive&#8230;<sup><a href=\"#12\">12<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Oswald Wirth est un \u00e9crivain auquel pourraient s\u2019appliquer les paroles d\u2019Albert Lantoine \u00e0 propos du Rite \u00c9cossais Ancien et Accept\u00e9: \u00abC\u00e9l\u00e8bre et peu connu\u00bb. On parlait de lui, \u00e9crit Marius Lepage dans l\u2019Avant-Propos qu\u2019il \u00e9crivit en 1962 pour la r\u00e9\u00e9dition du Livre de l\u2019Apprenti, comme d\u2019une sorte de saint de la Franc-Ma\u00e7onnerie, et, ainsi qu\u2019il arrive pour les saints, l\u2019hagiographie estompait ses traits et sa pens\u00e9e sous le voile pieux de la fable&#8230; On oublie parfois que la trilogie que Wirth consacra aux grades symboliques portait en surtitre La Franc- Ma\u00e7onnerie rendue intelligible \u00e0 ses adeptes \u2013 cruaut\u00e9 lucide \u2013 et qu\u2019outre ces trois ouvrages connus, Wirth fut l\u2019auteur de plusieurs autres livres, parmi lesquels Les Myst\u00e8res de l\u2019Art Royal (1932) et Notions \u00e9l\u00e9mentaires de Ma\u00e7onnisme (1934) que J. Corneloup a beaucoup cit\u00e9s tout au long du chapitre qu\u2019il a consacr\u00e9 \u00e0 Wirth dans La chair quitte les os&#8230; mais l\u2019acacia refleurira (1968) en concluant: \u00abLe plus grand m\u00e9rite de Wirth a \u00e9t\u00e9 de se tenir entre l\u2019\u00e9querre et le compas\u00bb.<sup><a href=\"#13\">13<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Dans son dernier ouvrage, Qui est r\u00e9gulier? Le pur ma\u00e7onnisme sous le R\u00e9gime des Grandes Loges inaugur\u00e9 en 1717 (1938), Wirth reprit vingtsix des tr\u00e8s nombreux articles qu\u2019il avait publi\u00e9s dans Le Symbolisme, remarquable revue mensuelle qu\u2019il avait fond\u00e9e en 1912. Cette revue portait \u00e0 ses d\u00e9buts le sous-titre Organe du mouvement universel de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration initiatique puis celui d\u2019Organe d\u2019initiation \u00e0 la philosophie du grand art de la construction universelle. Elle publia 244 num\u00e9ros de 1912 \u00e0 juin 1940. Dirig\u00e9e depuis d\u00e9cembre 1945 par mon ma\u00eetre Corneloup (1888-1978),<sup><a href=\"#14\">14<\/a><\/sup>\u00a0depuis 1956 par mon ami Marius Lepage (1902-1972), la revue sombra en 1971 entre les mains d\u2019un incomp\u00e9tent.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait d\u00e9j\u00e0 pour Wirth en 1889 de revenir aux plus anciennes traditions initiatiques dans leur totalit\u00e9 et leur int\u00e9gralit\u00e9. Il s\u2019en expliquera clairement quarante ans plus tard: \u00abOr, lorsqu\u2019une tradition a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre comprise, elle ne vit plus dans les esprits. En tant qu\u2019observance servile, elle peut se maintenir transitoirement; mais ce qui manque de coh\u00e9sion rationnelle ne tarde pas \u00e0 se disloquer, car tout cadavre tend \u00e0 se d\u00e9composer&#8230; Ces formes creuses dont l\u2019esprit s\u2019est retir\u00e9, ces \u00e9corces mortes, mais persistantes en raison m\u00eame de leur dess\u00e8chement, figurent ce qui se maintient \u00e0 l\u2019\u00e9tat cadav\u00e9rique, en tant que superstition, au sens \u00e9tymologique du mot. Il convient, en effet, d\u2019appeler superstitieux tout ce qui tient debout sans justification logique, comme, par exemple, les rites perp\u00e9tu\u00e9s par habitude ou par respect du pass\u00e9, alors que nul ne sait plus \u00e0 quoi ils correspondent. Hiram est l\u2019intelligence qui anime la tradition ma\u00e7onnique : il revit en nous d\u00e8s que nous comprenons tout le myst\u00e8re de la Ma\u00e7onnerie, en nous rendant exactement compte de la raison d\u2019\u00eatre de ses usages symboliques\u00bb.<sup><a href=\"#15\">15<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Comment dissiper les nuages de cette superstition? Par le travail en loge! Travail accompli dans un esprit de tol\u00e9rance \u00e0 propos de laquelle Corneloup \u00e9crivait \u00abLa tol\u00e9rance ne serait qu\u2019une vertu n\u00e9gative si elle ne s\u2019accompagnait d\u2019une enti\u00e8re bonne foi et du d\u00e9sir r\u00e9el de la recherche de la V\u00e9rit\u00e9, qu\u2019on ne peut vouloir sinc\u00e8rement si la tol\u00e9rance n\u2019est qu\u2019apparente et qu\u2019elle laisse subsister chez l\u2019individu le sentiment int\u00e9rieur du mieux fond\u00e9 intrins\u00e8que de son propre point de vue\u00bb.<sup><a href=\"#16\">16<\/a><\/sup>\u00a0Or, comme le constate Wirth: \u00abMalheureusement, le travail ma\u00e7onnique n\u2019est pas enseign\u00e9 en Ma\u00e7onnerie avec l\u2019efficacit\u00e9 voulue. Admis en Loge sans pr\u00e9paration intellectuelle, les Ma\u00e7ons s\u2019en tiennent aux ext\u00e9riorit\u00e9s qui leur sont montr\u00e9es. Ils croient avoir \u00abtravaill\u00e9\u00bb lorsqu\u2019ils ont correctement mis en sc\u00e8ne le rite, dont la repr\u00e9sentation leur suffit. Tout se borne pour eux au c\u00e9r\u00e9monial, au culte expressif, qui ne vaut cependant que par ce qu\u2019il exprime. Nous sommes victimes d\u2019un pharisa\u00efsme de gestes et de paroles auquel ne correspond rien d\u2019int\u00e9rieur en notre compr\u00e9hension. L\u00e0 est le vice: nous pratiquons la Ma\u00e7onnerie sans la comprendre, sans la poss\u00e9der int\u00e9rieurement, en esprit et en v\u00e9rit\u00e9\u00bb.<sup><a href=\"#17\">17<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Dans l\u2019un de ses derniers articles, publi\u00e9 dans notre revue Alpina, Wirth exprimera la m\u00eame id\u00e9e sans indulgence: \u00abParmi les Ma\u00e7ons dits sp\u00e9culatifs, non sans quelque ironie, il en est peu qui soup\u00e7onnent que la Ma\u00e7onnerie poss\u00e8de une philosophie sp\u00e9cifiquement ma\u00e7onnique. Les choses de l\u2019esprit ne troublent gu\u00e8re de braves gens qui se targuent d\u2019appartenir \u00e0 une aimable soci\u00e9t\u00e9 fraternelle, \u00e9pargnant \u00e0 ses membres toute torture intellectuelle. L\u2019\u00e9loquence muette des symboles n\u2019\u00e9veille aucun \u00e9cho en ceux qui n\u2019ont obtenu admission dans une \u00e9cole de haute sagesse que pour y figurer \u00e0 titre de cancres. N\u2019accablons cependant pas d\u2019excellents Fr\u00e8res, anim\u00e9s des meilleurs sentiments, parce qu\u2019ils sont spirituellement trop jeunes pour profiter d\u2019un enseignement qui les d\u00e9passe. Ils ne disent que trop vrai, quand, r\u00e9citant le cat\u00e9chisme, ils se d\u00e9clarent \u00e2g\u00e9s de trois ou de cinq ans et reconnaissent qu\u2019ils ne savent ni lire ni \u00e9crire\u00bb.<sup><a href=\"#18\">18<\/a><\/sup><\/p>\n<p>\u00abQue celui qui a des oreilles pour entendre entende!\u00bb<sup><a href=\"#19\">19<\/a><\/sup><\/p>\n<table id=\"table1\" border=\"1\" width=\"100%\" cellpadding=\"2\" bgcolor=\"#EBEBEB\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<h2 style=\"text-align: left;\"><b>Notes<\/b><\/h2>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"1\"><\/a>1\u00a0Marius Lepage, \u00abLa foi d\u2019Oswald Wirth\u00bb, Le Symbolisme n\u00b0 390 (1969), p. 434.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"2\"><\/a>2\u00a0Avant-Propos de Marius Lepage \u00e0 la r\u00e9\u00e9dition 1962 de L\u2019Apprenti de Wirth, p. 14.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"3\"><\/a>3\u00a0Paul Lanchais, De Brienz \u00e0 Mouterre sur Brioude, Vie du Ma\u00e7on Oswald Wirth (1975).<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"4\"><\/a>4\u00a0Lanchais 1975, pp. 13-14.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"5\"><\/a>5\u00a0Bulletin ma\u00e7onnique de la Grande Loge Symbolique Ecossaise n\u00b0 113-114 (1889), cit\u00e9 in Baylot, Oswald Wirth (1975), pp. 57-58.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"6\"><\/a>6\u00a0Cit\u00e9 dans le Rapport d\u2019Amiable (cf. note 8).<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"7\"><\/a>7\u00a0La lettre d\u2019accompagnement de la loge est transcrite col. 1457 de Fesch, Bibliographie de la Franc-Ma\u00e7onnerie et des Soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes (1910), ouvrage publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1976 \u00e0 Bruxelles par Georges Deny. Elle est reproduite en fac-simil\u00e9 in Lanchais, op. cit., p. 22.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"8\"><\/a>8\u00a0Dans La Franc-Ma\u00e7onnerie \u00e0 l\u2019heure du choix (1963), pp. 327-335, Alec Mellor a int\u00e9gralement reproduit ce Rapport qui illustre l\u2019esprit du Grand Orient \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"9\"><\/a>9\u00a0Fac-simil\u00e9 in Lanchais 1975, pp. 25-26.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"10\"><\/a>10\u00a0Lanchais 1975, p. 29.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"11\"><\/a>11\u00a0Lanchais 1975, p. 30.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"12\"><\/a>12\u00a0Lanchais 1975, p. 37.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"13\"><\/a>13\u00a0Corneloup, La chair quitte les os&#8230; mais l\u2019acacia refleurira (1968), p. 42.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"14\"><\/a>14\u00a0Le premier article de Corneloup, \u00abDe l\u2019\u00e9ducation ma\u00e7onnique\u00bb, fut publi\u00e9 dans Le Symbolisme en 1925. Son \u00abPlaidoyer pour le Grand Architecte de l\u2019Univers\u00bb, reproduit dans Schibboleth (1965), \u00e9tait au sommaire du num\u00e9ro 245, publi\u00e9 en d\u00e9cembre 1945.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"15\"><\/a>15\u00a0Wirth, Le Livre du Ma\u00eetre (1922), r\u00e9\u00e9dition 1963, p. 97.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"16\"><\/a>16\u00a0\u00abLe travail en loge\u00bb, Le Symbolisme n\u00b0 170 (1933). Cet article est \u00e9galement reproduit dans Schibboleth.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"17\"><\/a>17\u00a0Wirth, \u00abNotre unit\u00e9 spirituelle\u00bb, Le Symbolisme (ao\u00fbt-septembre 1932). Article repris dans Qui est r\u00e9gulier? (1938).<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"18\"><\/a>18\u00a0Wirth, \u00abLe Constructivisme\u00bb, Alpina 1940, pp. 10-12. Oswald Wirth est mort le 9 mars 1943 \u00e0 Mouterre-sur-Blourde, pr\u00e8s de Poitiers.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"text-align: left;\"><a name=\"19\"><\/a>19\u00a0\u00c9vangile selon Thomas, in Jean Doresse, Les livres secrets des gnostiques d\u2019\u00c9gypte (1959).<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les M\u00e9moires de Guerre du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle s\u2019ouvrent par deux phrases c\u00e9l\u00e8bres: \u00abToute ma vie, je me suis fait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1267"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2620,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1267\/revisions\/2620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}