{"id":1385,"date":"2009-05-13T09:37:07","date_gmt":"2009-05-13T07:37:07","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1385"},"modified":"2017-10-13T11:17:13","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:13","slug":"pourquoi-visiter-dautres-loges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/pourquoi-visiter-dautres-loges\/","title":{"rendered":"Pourquoi visiter d&rsquo;autres loges?"},"content":{"rendered":"<p><b>Par ce beau soir d&rsquo;\u00e9t\u00e9 du 24 juin 1717, de graves personnages, v\u00eatus de sombre, se h\u00e2tent \u00e0 travers les rues de Londres. Certains portent des instruments de musique. On ne peut pas se fier au temps anglais, et quelques-uns ont pris leur parapluie, m\u00eame un parapluie pliant invent\u00e9 quelques ann\u00e9es auparavant.<\/b><\/p>\n<p><i>R. J. &#8211; Tol\u00e9rance et Fraternit\u00e9, Gen\u00e8ve (Revue ma\u00e7onnique suisse: mai 2009)<\/i><\/p>\n<p>Ce sont les fr\u00e8res des trois loges ma\u00e7onniques \u00abAt the Crown\u00bb, \u00abAt the Apple Tree\u00bb, et \u00abAt the Rumun and Grapes\u00bb. Ils se rendent en visite \u00e0 la loge \u00abL&rsquo;Oie et le Grill\u00bb, dont le nom, qui provient de l&rsquo;auberge \u00e9ponyme, fait d\u00e9j\u00e0 saliver les visiteurs. Visite historique s&rsquo;il en est ! Elle marque la fondation de la ma\u00e7onnerie sp\u00e9culative moderne. On y d\u00e9cide la cr\u00e9ation de la premi\u00e8re Grande Loge au monde, qui ordonnera la mise en chantier des Constitutions de 1723, celles-l\u00e0 m\u00eames dont se r\u00e9clame l&rsquo;Alpina. Tr\u00e8s t\u00f4t, nos lointains fr\u00e8res ont \u00e0 coeur, dans ces Constitutions, de fixer des :<\/p>\n<h2>r\u00e8gles de biens\u00e9ance<\/h2>\n<p>De la conduite \u00e0 tenir dans la Loge pendant qu&rsquo;elle est constitu\u00e9e : \u00abVous ne tiendrez pas de Comit\u00e9s priv\u00e9s, ni de conversations particuli\u00e8res sans permission du Ma\u00eetre, ni ne parlerez de choses impertinentes ou inconvenantes, ni n&rsquo;interromprez le Ma\u00eetre ou les Surveillants, ou aucun Fr\u00e8re parlant au Ma\u00eetre. Ni ne vous comporterez d&rsquo;une mani\u00e8re ridicule ou bouffonne pendant que la Loge est engag\u00e9e dans des questions s\u00e9rieuses et solennelles, ni n&rsquo;userez d&rsquo;aucun langage mals\u00e9ant, sous aucun pr\u00e9texte que ce soit\u00bb. Conduite quand la Loge est finie et avant que les Fr\u00e8res soient partis : \u00abVous pouvez vous r\u00e9jouir avec une innocente gaiet\u00e9, vous traitant les uns les autres selon vos moyens, mais \u00e9vitant tout exc\u00e8s, ne for\u00e7ant aucun Fr\u00e8re \u00e0 manger ou \u00e0 boire au del\u00e0 de son d\u00e9sir ou ne l&#8217;emp\u00eachant pas d&rsquo;aller o\u00f9 l&rsquo;appellent ses affaires, ne faisant ou ne disant rien d&rsquo;offensant ou qui puisse emp\u00eacher une conversation ais\u00e9e et libre, car cela d\u00e9truirait notre harmonie et d\u00e9ferait nos louables desseins\u00bb.<\/p>\n<h2>Epict\u00e8te d\u00e9j\u00e0&#8230;<\/h2>\n<p>Ces pr\u00e9occupations se retrouvent au demeurant dans l&rsquo;ancienne ma\u00e7onnerie op\u00e9rative, chez nos \u00abBons Cousins\u00bb les Compagnons du Devoir et aujourd&rsquo;hui encore lors de leur Tour de France, de cinq \u00e0 sept ans, qui s&rsquo;effectue dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre, et leur fait visiter un parcours id\u00e9al comprenant n\u00e9cessairement Lyon, N\u00eemes, Marseille, Bordeaux, Nantes, Angers, Tours, Orl\u00e9ans, Paris. Comme autrefois, la \u00abM\u00e8re\u00bb joue un r\u00f4le capital dans le compagnonnage, et veille au respect de r\u00e8gles semblables \u00e0 celles \u00e9voqu\u00e9es ci dessus. On ne peut s&#8217;emp\u00eacher de remonter beaucoup plus loin, quand le philosophe Epict\u00e8te (50 125 apr\u00e8s J. C.) disait: \u2013 \u00abDans les assembl\u00e9es, sois le plus souvent silencieux. Ne dis que ce qui est n\u00e9cessaire, et en peu de mots. S&rsquo;il arrive, rarement toutefois, que s&rsquo;offre l&rsquo;occasion de parler, parle, mais que ce ne soit point des premi\u00e8res choses venues. Ne parle pas de courses du cirque, de nourriture ou de boissons, conversations courantes. Surtout, ne parle pas des hommes, soit pour les bl\u00e2mer, soit pour les louer ou les mettre en parall\u00e8le.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;existence, souviens-toi que tu dois te comporter comme dans un festin. Le plat qui circule arrive-t-il \u00e0 toi ? Tends la main et prends mod\u00e9r\u00e9ment. Passe-t-il loin de toi ? Ne le recherche pas. Tarde-t-il \u00e0 venir? Ne jette pas de loin sur lui ton d\u00e9sir, mais patiente jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il arrive \u00e0 toi\u00bb.<\/p>\n<h2>Selon les sensibilit\u00e9s particuli\u00e8res<\/h2>\n<p>Visiter d&rsquo;autres loges ? Bien \u00e9videmment, quand on ne peut pas ou plus se d\u00e9placer il y a les visites de leur site internet, souvent de bonne qualit\u00e9. Certains ateliers se rendent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger en exp\u00e9ditions artistiques et gastronomiques. D&rsquo;autres vont rencontrer des loges new yorkaises, avec la Statue de la Libert\u00e9, oeuvre de notre fr\u00e8re Auguste Bartholdi, qui leur souhaite la bienvenue. Nul ne disconviendra que la visite \u00e0 d&rsquo;autres loges est enrichissante. Il n&rsquo;est que de consulter les programmes ou les sites des ateliers pour constater que ces visites, ou les interloges, ou les Maillets volants sont fr\u00e9quents et nombreux, facilit\u00e9s par les distances r\u00e9duites. Enrichissement aussi par la diversit\u00e9 des rites pratiqu\u00e9s au sein de l&rsquo;Alpina, et le fait de les entendre dans des langues diff\u00e9rentes. Il faudrait aussi dire les liens solides qui se nouent entre telle et telle loge, et entre leurs fr\u00e8res, selon les affinit\u00e9s \u00e9lectives ch\u00e8res \u00e0 notre fr\u00e8re Goethe. N&rsquo;oublions pas la musique, diff\u00e9rente selon la sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re des loges. Ici, les fr\u00e8res chantent durant les tenues; l\u00e0, on en voit un en kilt \u00e9cossais jouer de la cornemuse. L\u00e0 encore, simplement, un autre est responsable de ce que l&rsquo;on nomme, improprement, la colonne d&rsquo;harmonie. Il fait alors office de disque-jockey. Qu&rsquo;importe la forme musicale, partout c&rsquo;est la m\u00eame ferveur, celle qui animait d\u00e9j\u00e0 nos devanciers de 1717 quand les apprentis chantaient (traduction): \u00abUnissons- nous main dans la main\/Tenonsnous ferme les uns aux autres\/Soyons joyeux\/L&rsquo;orgueil de l&rsquo;Antiquit\u00e9\/Nous l&rsquo;avons de notre c\u00f4t\u00e9\/Et cela met les hommes exactement \u00e0 leur place\u00bb.<\/p>\n<h2>Du pain sur la planche<\/h2>\n<p>Ne n\u00e9gligeons pas l&rsquo;agape, du grec \u00abagap\u00e9\u00bb, amour, selon le Larousse repas pris par les premiers chr\u00e9tiens. Bien s\u00fbr, au pluriel les agapes \u00e9voquent des repas copieux et joyeux entre amis. Les Constitutions de 1723 nous montrent la voie royale m\u00e9diane. \u00c0 la loge \u00abL&rsquo;Oie et le Grill\u00bb on ne se contentait pas de simples sandwiches, invent\u00e9s par Lord Sandwich, joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 qui se faisait apporter \u00e0 la table de jeu du rosbif entre deux tranches de pain, pr\u00e9figurant le glorieux Big Mac du MacDo.<\/p>\n<p>Alors, d\u00e9couvrons avec nos fr\u00e8res les tr\u00e9sors de la cuisine helv\u00e9tique, en zigzag et au hasard. Z\u00fcritopf \u00e0 l&rsquo;ancienne, fricass\u00e9e de porc \u00e0 la genevoise, blanquette de veau \u00e0 la soleuroise, oignons \u00e0 la fribourgeoise, choucroute \u00e0 la schaffhousoise, Saucengummeli de Schwytz, Z\u00fcpfe bernoise, beignets au fromage \u00e0 la valaisanne, omelette jurassienne, filets de perche \u00e0 la vaudoise, minestrone ticinese&#8230; Et encore n&rsquo;a-t-on pas parl\u00e9 des desserts, ni bien s\u00fbr des vins ! Pardon aux cantons qui n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s. Comme aurait dit Rabelais: Il y a du pain sur la planche.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par ce beau soir d&rsquo;\u00e9t\u00e9 du 24 juin 1717, de graves personnages, v\u00eatus de sombre, se h\u00e2tent \u00e0 travers les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1385","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1385"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1386,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions\/1386"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}