{"id":1442,"date":"2012-03-13T10:24:25","date_gmt":"2012-03-13T09:24:25","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1442"},"modified":"2017-10-13T11:17:12","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:12","slug":"autorite-hierarchie-serment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/autorite-hierarchie-serment\/","title":{"rendered":"Autorit\u00e9 &#8211; Hi\u00e9rarchie &#8211; Serment"},"content":{"rendered":"<p><span lang=\"FR\"><strong>Les trois notions ci-dessus ont en commun d\u2019\u00eatre indissociables de celle de respect. Mais les deux premi\u00e8res ont trait au pouvoir que l\u2019on exerce ou que l\u2019on subit, tandis que la troisi\u00e8me, le serment, d\u00e9signe un engagement, un acte fondateur qui trouve son vrai sens dans la fid\u00e9lit\u00e9.<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><em>N. R. &#8211; Grand Secr\u00e9taire de la GLSA &#8211; Cordialit\u00e9 et V\u00e9rit\u00e9, Gen\u00e8ve<\/em><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Etre fid\u00e8le est tout autre chose qu\u2019\u00eatre respectueux. Une gradation se dessine qui conduit \u00e0 l\u2019essence de la d\u00e9marche ma\u00e7onnique. On plie face au pouvoir, qu\u2019il soit physique, intellectuel ou moral. On acquiesce \u00e0 soi-m\u00eame en ne trahissant pas le serment fait, en ne trompant pas son ami, son fr\u00e8re, ses fr\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Un homme d\u2019honneur ne se d\u00e9juge pas. Et cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec l\u2019intelligence qui pousse \u00e0 faire \u00e9voluer les convictions, \u00e0 changer d\u2019avis. La ma\u00e7onnerie emprunte forc\u00e9ment \u00e0 la vie profane, \u00e0 commencer par les moyens de son fonctionnement, tel par exemple son type d\u2019organisation administrative. C\u2019est admettre que tout en elle ne rel\u00e8ve pas de l\u2019originalit\u00e9 de sa d\u00e9marche. Il n\u2019emp\u00eache, d\u00e9j\u00e0 sur ce chapitre, elle vise le meilleur. Ne pouvant exclure les relations de pouvoir, elle en valorise ce qui pr\u00e9figure le profil du vrai ma\u00e7on : l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 un monde ordonn\u00e9. Chacun de nous le sait bien, celui qui ne respecte rien est un tra\u00eetre en puissance. Et la fid\u00e9lit\u00e9 se forge d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019\u00e9preuve de la soumission \u00e0 un pouvoir. Ainsi se canalisent progressivement une \u00e9nergie et une intelligence au but d\u2019offrir au ma\u00e7on \u00e0 \u00eatre en accord avec lui-m\u00eame et avec tous ceux qui entendent cr\u00e9er, construire et prolonger l\u2019acte \u00e9dificateur. Entretemps l\u2019esprit critique, l\u2019\u00e9change et la discussion auront eu leur place, leur temps\u2026 mais aussi leur fin, car le chantier n\u2019avance pas dans les discours et les \u00e9tats d\u2019\u00e2me.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><strong>La vie dans son foisonnement<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019on peut s\u2019interroger sur les rapports difficiles qu\u2019entretient le philosophe avec la cit\u00e9 et surtout le pouvoir en place. Pour illustrer ce propos rappelons-nous la vie et la mort de Socrate. Curieusement, il fut condamn\u00e9 \u00e0 mort pour impi\u00e9t\u00e9, alors qu\u2019il enseignait que la religion est vraie, qu\u2019il fournissait des raisons de croire aux dieux et d\u2019ob\u00e9ir aux lois. Pourquoi alors cette terrible sanction ? Pr\u00e9cis\u00e9ment parce que ce type d\u2019attitude est insupportable aux tyrans. Ceux-ci veulent qu\u2019on adh\u00e8re aux dieux et aux lois de la cit\u00e9 sans discussion. Socrate donne des raisons d\u2019ob\u00e9ir aux lois, mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop d\u2019avoir des raisons d\u2019ob\u00e9ir : aux raisons, d\u2019autres raisons s\u2019opposent, et le respect s\u2019en va. Ce qu\u2019on attend du philosophe est justement ce qu\u2019il ne peut donner : l\u2019assentiment \u00e0 la chose m\u00eame et sans consid\u00e9rants. En r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019est pas acceptable pour le pouvoir en place que Socrate croit pour des raisons siennes et non pour des raisons d\u2019Etat. On lui pr\u00eatera en plus l\u2019arri\u00e8re pens\u00e9e de se soumettre aux lois dans l\u2019unique intention de les changer. Ce n\u2019est pas qu\u2019elles sont bonnes, mais elles sont l\u2019ordre et on a besoin de l\u2019ordre pour les changer. De l\u00e0 \u00e0 vouloir changer ceux qui dirigent\u2026 (M\u00e9fiez-vous, despotes et tyrans !).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Bref, il est dans la nature de tout pouvoir de mal s\u2019accommoder d\u2019une adh\u00e9sion critique, d\u2019un acquiescement purement tactique. C\u2019est l\u2019assentiment profond qui fait le vrai pouvoir, le seul qui vaille. Machiavel le rappelle cr\u00fbment : \u00abIl faut ou gagner les hommes ou se d\u00e9faire d\u2019eux\u00bb. Car in\u00e9luctablement les relations s\u2019envenimeront. Et d\u2019ajouter : \u00abIls peuvent se venger des offenses l\u00e9g\u00e8res mais non des offenses graves\u00bb. Ainsi nous pourrions croire que l\u2019art de gouverner se ram\u00e8ne \u00e0 l\u2019art de la guerre et, partant, le statut du citoyen \u00e0 une soumission indigne. Cette repr\u00e9sentation caricaturale des rapports sociaux pr\u00e9sente au moins l\u2019int\u00e9r\u00eat de montrer que le respect n\u2019est d\u2019abord qu\u2019un comportement ext\u00e9rieur n\u2019impliquant nulle adh\u00e9sion profonde. Il peut cacher la veulerie aussi bien qu\u2019une opposition r\u00e9solue mais habile. N\u00e9anmoins, il y a l\u00e0 une prise en compte de l\u2019autre qui est le d\u00e9but d\u2019une identification de son \u00eatre, d\u2019une attention \u00e0 sa volont\u00e9. Le respect exclut les rapports frustres et brutaux. L\u2019autre a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9. Je ne suis pas seul. Il faudra compter avec lui, avec eux. Un chemin est ouvert, praticable, entre nous. Et la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 peut-\u00eatre d\u2019une relation o\u00f9 autre chose que le pouvoir est en jeu. Dominant-domin\u00e9 : l\u2019alternative est un peu courte, il ya une sottise propre aux d\u00e9tenteurs d\u2019un pouvoir de vouloir soumettre l\u2019autre comme il y en a une de croire qu\u2019ob\u00e9ir c\u2019est d\u00e9choir. Et encore une troisi\u00e8me idiotie de croire que cette dichotomie est l\u2019essence de la vie. Non, la vie dans son foisonnement est autrement complexe, riche.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><strong>Des moyens, non des enjeux<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La hi\u00e9rarchie est partout, le haut et le bas s\u00e9vissent universellement en une poussi\u00e8re de degr\u00e9s. L\u2019autorit\u00e9 est r\u00e9partie sous les esp\u00e8ces du multiple. Chacun en a sa part selon ses aptitudes, ses m\u00e9rites et son travail. \u00c0 chaque instant tout se rejoue et chaque instant redistribue toutes les cartes. Pourtant, n\u2019y voyons l\u00e0 aucun fatalisme, je contribue de mani\u00e8re d\u00e9terminante \u00e0 mon destin, mais les autres aussi. Une interp\u00e9n\u00e9tration essentielle lie mon sort aux autres. Il m\u2019appartient d\u2019y rep\u00e9rer les r\u00e9seaux, les hi\u00e9rarchies, qui, en affinit\u00e9 avec moi, me permettront de m\u2019enrichir, de m\u2019\u00e9lever dans tel ou tel domaine. Dans cet \u00e9change constructeur, tant\u00f4t c\u2019est moi qui dirigerai, tant\u00f4t ce sera lui, tant\u00f4t ce sera diff\u00e9rent et au m\u00eame moment les deux \u00e0 la fois\u2026 qu\u2019importe qui donne le \u00abla\u00bb si la musique est bonne.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Voil\u00e0 que la notion de respect a singuli\u00e8rement gagn\u00e9 en densit\u00e9. Il y a loin de savoir qui commande ! Or, du commandement il y a puisque l\u2019un enjoint l\u2019autre de pr\u00eater attention \u00e0 ce qui \u00e9mane de lui, \u00e0 ce qu\u2019il exprime. Les rapports de force initiaux pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crits ont chang\u00e9 de nature. La hi\u00e9rarchie et l\u2019autorit\u00e9 sont devenues ce qu\u2019elles doivent \u00eatre : des moyens, non des enjeux. Pour utiliser notre langage, l\u2019acc\u00e8s au commandement ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un salaire. C\u2019est au contraire une servitude, cette part d\u2019intendance n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9ception d\u2019un message, d\u2019une \u00e9l\u00e9vation en esprit. Entre ceux qui commandent, qui enseignent et ceux qui ob\u00e9issent, qui apprennent il y a la qualit\u00e9 commune et essentielle de l\u2019humilit\u00e9. Nous sommes unis dans le dessein d\u2019\u00eatre heureux et de communiquer le savoir.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><strong>La fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Tout cela est pourtant insuffisant. Au-del\u00e0 des mots et des symboles, au-del\u00e0 des actes les plus nobles, les plus vertueux, il est une chose \u00e0 laquelle la franc ma\u00e7onnerie appelle : le respect du serment. Le c\u00e9r\u00e9monial du serment, en scellant ma parole sur les trois grandes lumi\u00e8res, exclut toute l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, postule une attention absolue \u00e0 ce \u00e0 quoi je m\u2019engage. Autrement dit, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 moi m\u00eame. Un ordre s\u2019est instaur\u00e9 auquel j\u2019ai souscrit une fois pour toutes et qui est la condition sine qua non de toute activit\u00e9 constructive. On ne peut remettre tous les matins les liens qui nous constituent, sous peine d\u2019errer, vide, bris\u00e9 par ses caprices, livr\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9mons. Charles P\u00e9guy a une formule saisissante : \u00abL\u2019ordre, et l\u2019ordre seul fait en d\u00e9finitive la libert\u00e9, le d\u00e9sordre fait la servitude\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Ainsi la boucle est boucl\u00e9e. Cette \u00e9tape ultime de la maturit\u00e9 est l\u2019aptitude \u00e0 ne pas \u00eatre esclave de sa propre libert\u00e9 critique. Le sage enfin est celui qui peut tenir la bride courte \u00e0 son \u00e9nergie et \u00e0 sa vivacit\u00e9 d\u2019esprit pour servir une cause sup\u00e9rieure \u00e0 sa personne, parce qu\u2019il en a un jour d\u00e9cid\u00e9 ainsi. Tel est le d\u00e9passement de soi qui ne s\u2019op\u00e8re que par la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 soi. De ce point de surplomb de la vie, rien ne distingue de l\u2019ext\u00e9rieur le gouvernant et le serviteur. Un jour, par le serment je me suis mis au service des autres. On ne peut faire un serment avec son intelligence, son amour propre ou sa seule volont\u00e9. On le fait avec son coeur, avec ce que cela comprend d\u2019affectivit\u00e9, d\u2019amour, d\u2019impudique tendresse. Il n\u2019y a que la relation d\u2019une m\u00e8re \u00e0 son fils pour illustrer cela : on ne pourra jamais compter sur elle pour lui donner tort\u2026elle s\u2019est \u00abpr\u00eat\u00e9e\u00bb, dans une h\u00e9morragie d\u00e9finitive, \u00e0 lui pour toujours. Un ma\u00e7on s\u2019est engag\u00e9 avec son coeur aupr\u00e8s de ses fr\u00e8res, aupr\u00e8s des garants de la Fraternit\u00e9. Avec son coeur, la pierre de touche de la ma\u00e7onnerie. En guise de conclusion j&rsquo;en reviens \u00e0 ce qui est mon postulat : Notre Ordre et ses chefs n\u2019ont que faire d\u2019une fid\u00e9lit\u00e9 born\u00e9e. Ils peuvent d\u00e8s lors adopter la r\u00e9plique de Zarathoustra : \u00abIls te s\u00e9duisent mon style et mon langage ?\/Quoi, tu me suivrais pas \u00e0 pas ?\/N\u2019aie cure de n\u2019\u00eatre fid\u00e8le qu\u2019\u00e0 toi-m\u00eame\/Et tu m\u2019auras suivi !\u00bb.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les trois notions ci-dessus ont en commun d\u2019\u00eatre indissociables de celle de respect. Mais les deux premi\u00e8res ont trait au [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1442","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1442","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1442"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1442\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1443,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1442\/revisions\/1443"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}