{"id":1494,"date":"2014-10-13T10:49:26","date_gmt":"2014-10-13T08:49:26","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1494"},"modified":"2017-10-13T11:17:10","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:10","slug":"le-magazine-alpina-a-140-ans-petit-tour-dhorizon-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/le-magazine-alpina-a-140-ans-petit-tour-dhorizon-2\/","title":{"rendered":"Le magazine Alpina a 140 ans : petit tour d\u2019horizon"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le 29 novembre 1874, douze membres du Conseil administratif de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) se r\u00e9unissent \u00e0 Berne sous la houlette du Grand Ma\u00eetre Karl Tscharner, r\u00e9dacteur en chef du quotidien Der Bund. Le point principal inscrit \u00e0 l\u2019ordre du jour pr\u00e9voit la cr\u00e9ation d\u2019un organe de presse repr\u00e9sentatif de notre ob\u00e9dience.<\/strong><\/p>\n<p><em>J. T.<\/em><\/p>\n<p>Pr\u00e9sent \u00e0 la r\u00e9union, Bernhard Scherrer-Engler, de la loge \u00ab Concordia \u00bb \u00e0 Saint-Gall, devait jouer un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant dans la concr\u00e9tisation du projet. L\u2019intention initiale aurait cependant \u00e9t\u00e9 celle de l\u2019artistepeintre William Moritz, premier V\u00e9n\u00e9rable Ma\u00eetre en Chaire de \u00a0\u00ab La Bonne Harmonie \u00bb \u00e0 Neuch\u00e2tel au sein de notre Grande Loge. Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019id\u00e9e \u00e9tait dans l\u2019air du temps depuis quelques ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0. Elle ne fut activ\u00e9e que trente ans apr\u00e8s la naissance de la GLSA parce que celle-ci se trouvait encore dans sa phase dite de consolidation, qui a dur\u00e9 jusqu\u2019en 1890. Ne voulant rien laisser au hasard ni sacrifier \u00e0 la h\u00e2te, les responsables entendaient raffermir le lien entre les loges de la nouvelle structure ma\u00e7onnique, r\u00e9gler certaines questions d\u2019organisation interne et, enfin, tenir compte des mutations socio-\u00e9conomiques rapides de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019alors. De plus, la guerre du Sonderbund demeurait dans toutes les m\u00e9moires. Autre ph\u00e9nom\u00e8ne, la presse ultramontaine s\u2019en prenant vertement \u00e0 la ma\u00e7onnerie de Suisse et d\u2019ailleurs, il importait donc de se doter d\u2019une tribune autoris\u00e9e afin de contrer les attaques les plus mensong\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Des objectifs qui ne varieront pas<\/strong><\/p>\n<p>Sit\u00f4t l\u2019entreprise \u00e9ditoriale mise sur les rails, elle ira bon train. De fait, notre journal para\u00eetra sans interruption pendant 140 ans malgr\u00e9, parfois, des difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie et des turbulences politiques venues du dehors. Le 15 janvier 1875 sort le num\u00e9ro inaugural sous le titre g\u00e9n\u00e9rique : Alpina &#8211; Organe central de l\u2019Union des Loges Suisses. L\u2019ann\u00e9e suivante le th\u00e8me d\u2019\u00e9tude ponctuel est introduit. Il s\u2019agit davantage d\u2019un bulletin que d\u2019une revue, dans son format A5, paraissant \u00ab environ \u00bb toutes les cinq semaines sur quatre ou huit pages, plus si la mati\u00e8re l\u2019exige. Il y a deux \u00e9ditions distinctes, en allemand et en fran\u00e7ais. Les articles sont les m\u00eames d\u2019une version \u00e0 l\u2019autre, la traduction \u00e9tant r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e 1 franc 50 la page imprim\u00e9e. Les contributions en italien sont rares. Signalons que la premi\u00e8re loge tessinoise \u00e0 rejoindre l\u2019alliance sera \u00ab Il Dovere \u00bb, en 1883. Huit ans plus t\u00f4t, la GLSA comptait 26 ateliers dont 19 romands. Six pour le seul canton de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9diteur, imprimeur et exp\u00e9diteur du p\u00e9riodique est la maison Forster-Goodman, place de la Palud \u00e0 Lausanne. Le prix de l\u2019abonnement annuel est de six francs, huit pour l\u2019envoi sous pli ferm\u00e9. Ce num\u00e9ro 1 s\u2019ouvre sur le compte rendu de la derni\u00e8re s\u00e9ance du Conseil administratif et pr\u00e9sente les communications officielles relatives \u00e0 l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e. On y trouve \u00e9galement une mani\u00e8re de charte r\u00e9dactionnelle qui dans ses grandes lignes tient la route aujourd\u2019hui encore. Enfin, un suppl\u00e9ment unitaire et conjoint est publi\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e, contenant les d\u00e9cisions et commentaires du Conseil \u00e0 l\u2019intention des loges affili\u00e9es. Le dessin au sommet de la couverture montre nos montagnes et leur flore travers\u00e9es par le titre Alpina en lettres stylis\u00e9es fa\u00e7on Art Nouveau. Vrai travail de graphisme dont les \u00e9l\u00e9ments de base seront repris, enrichis et actualis\u00e9s d\u2019une p\u00e9riode \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p>Par la suite, les rubriques ne varieront gu\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire des rapports succincts provenant des loges, des essais de longueur variable sur des sujets relevant le plus souvent du symbolisme, la vie des ateliers, des r\u00e9cits de voyage, les relations avec l\u2019\u00e9tranger &#8211; avec les profanes aussi. Sous l\u2019intitul\u00e9 \u00abVari\u00e9t\u00e9\u00bb on peut lire par exemple que le pape a donn\u00e9 sa b\u00e9n\u00e9diction apostolique \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de la Sainte Trinit\u00e9 qui cherche \u00e0 \u00ab s\u2019attirer les faveurs de Dieu en combattant la Fr.\u2019. ma\u00e7.\u2019., secte vou\u00e9e \u00e0 l\u2019enfer \u00bb. On peut en sourire aujourd\u2019hui, il n\u2019emp\u00eache que de tels propos ont largement contribu\u00e9 \u00e0 diaboliser la ma\u00e7onnerie dans nos chaumi\u00e8res. Les m\u00e9faits du colonialisme, le pacifisme et la bienfaisance sont des th\u00e8mes r\u00e9currents. Le 15 d\u00e9cembre 1878, \u00e0 la veille de No\u00ebl l\u2019article de la Une rappelle : \u00ab N\u2019oubliez pas les pauvres ! \u00bb. Les actions caritatives de la GLSA sont d\u00fbment signal\u00e9es aux lecteurs. Elles devenaient un souci constant de notre union afin de soulager les cas de pr\u00e9carit\u00e9 sociale les plus criants.<\/p>\n<p>En 1894, vingt ans apr\u00e8s son lancement, l\u2019Alpina para\u00eet deux fois par mois. Son format s\u2019\u00e9largit au A4, mais la principale innovation est que nos langues nationales sont d\u00e9sormais ensemble c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te. L\u2019abonnement passe \u00e0 4 francs &#8211; 5,50 pour l\u2019ext\u00e9rieur. La partie publicit\u00e9 s\u2019\u00e9toffe. Les encadr\u00e9s de \u00ab r\u00e9clame \u00bb ( 30 centimes la ligne ) sont regroup\u00e9s sur de pleines pages. S\u2019y taillent la part du lion les restaurateurs, h\u00f4teliers, \u00e9tablissements scolaires, n\u00e9gociants dans le secteur alimentaire, bijoutiers, marchands de tabac. Apparaissent, timidement, des vendeurs d\u2019insignes ma\u00e7onniques. Jusqu\u2019\u00e0 maintenant, les textes destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre publi\u00e9s \u00e9taient soumis au Comit\u00e9 Directeur, qui donnait ou non son aval. Dor\u00e9navant, un r\u00e9dacteur est nomm\u00e9 pour chacune des deux langues et il assume le travail de relecture ainsi que les fonctions inh\u00e9rentes \u00e0 sa t\u00e2che.<\/p>\n<p><strong>Les d\u00e9fis du si\u00e8cle nouveau<\/strong><\/p>\n<p>Entre 1890 et 1910 nos effectifs augmentent de 78 % pour atteindre les 4\u2019000 membres. Situation qui \u00e9videmment se refl\u00e8te sur le tirage du magazine et permet en cons\u00e9quence d\u2019am\u00e9liorer sa pr\u00e9sentation. Celui-ci reste et restera fid\u00e8le \u00e0 sa vocation qui est avant tout l\u2019information g\u00e9n\u00e9rale et particuli\u00e8re sur la franc-ma\u00e7onnerie telle que la vivent nos loges dans leurs diff\u00e9rents rituels, le rapprochement entre elles, ainsi qu\u2019un forum d\u2019\u00e9changes et de partage autour des id\u00e9aux qui nous rassemblent. Autant que par le pass\u00e9 sont mises en avant les questions de la souverainet\u00e9 nationale, du lib\u00e9ralisme dans la vie du pays, des libert\u00e9s civiles et intellectuelles, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 du citoyen devant la loi et le droit. Elles rev\u00eatent une importance cruciale \u00e0 l\u2019approche de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et seront reprises avec plus de vigueur encore lors de la mont\u00e9e des p\u00e9rils au seuil des ann\u00e9es 30. Le Fr\u00e8re Th. Ruyssen \u00e9crira : \u00ab Nous ha\u00efssons la guerre parce qu\u2019elle est une forme du mal, et la pire peut-\u00eatre, en ce sens qu\u2019elle ne proc\u00e8de point d\u2019une fatalit\u00e9 naturelle, mais d\u2019une volont\u00e9 humaine d\u00e9daigneuse de la souffrance et de la mort inflig\u00e9es \u00e0 autrui \u00bb. Succ\u00e9dant au Prix Nobel Elie Ducommun aux responsabilit\u00e9s de la r\u00e9daction francophone, Edouard Quartier-la-Tente fut un pacifiste engag\u00e9, de m\u00eame que Hermann H\u00e4berlin en ce temps o\u00f9 tous les efforts de conciliation entrepris par les hommes de bonne volont\u00e9 de part et d\u2019autre des fronti\u00e8res \u00e9taient an\u00e9antis. Le 31 ao\u00fbt 1914 l\u2019Alpina titrait \u00ab La faillite du pacifisme \u00bb, puis bient\u00f4t : \u00ab Un cataclysme ! \u00bb. Trois ans plus tard est annonc\u00e9 \u00ab un congr\u00e8s franc-ma\u00e7onnique pour la paix \u00bb.<\/p>\n<p>La photographie fait son entr\u00e9e dans nos colonnes. Ce sont essentiellement des portraits de dignitaires ou des clich\u00e9s pris \u00e0 l\u2019occasion de sorties festives. D\u2019une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre les progr\u00e8s qualitatifs sont notables. Depuis ses d\u00e9buts, la publication fait volontiers conna\u00eetre \u00e0 ses lecteurs les associations de quelque envergure qui s\u2019attachent \u00e0 la diffusion de la culture et des valeurs morales aupr\u00e8s des \u00ab masses \u00bb sans consid\u00e9ration politique ni religieuse. Il s\u2019en cr\u00e9ait beaucoup, surtout aux Etats-Unis, en Allemagne et en Angleterre.<\/p>\n<p>Le Bureau ma\u00e7onnique d\u2019information poursuit sa mission qui permet aux abonn\u00e9s, par voie de petites annonces chiffr\u00e9es, de proposer services ou objets. Longtemps, il concernait surtout des demandes de ma\u00e7ons d\u00e9sireux de placer leur fille pour un an ou plus dans une famille d\u2019une autre r\u00e9gion linguistique.<br \/>\nLes ann\u00e9es 1920-1930 sont les \u00ab dix glorieuses \u00bb de la GLSA. Avant qu\u2019elle ne subisse comme ailleurs en Europe les contrecoups des dictatures en Italie et en Allemagne o\u00f9 la ma\u00e7onnerie est bannie. Les r\u00e9dacteurs Gottlieb Imhof et Jean Roulet ont fort \u00e0 faire pour d\u00e9fendre la cause. En particulier depuis 1934 quand le frontiste Arthur Fonjallaz lance son initiative antima\u00e7onnique, visant \u00e9galement les Odd-Fellows et les Unionistes. Elle sera rejet\u00e9e par 68 % des suffrages, soit plus des 2\/3 du peuple suisse. Am\u00e8re victoire puisque la GLSA sort tr\u00e8s affaiblie de l\u2019\u00e9preuve, sur le plan financier mais d\u2019abord humain : en 1945 ses effectifs \u00e9taient r\u00e9duits de moiti\u00e9. Gottlieb Duttweiler, le fondateur de la Migros, fut l\u2019un des fervents soutiens du fascisme dans nos cantons.<\/p>\n<p><strong>Confiance et continuation<\/strong><\/p>\n<p>Il faudra attendre le milieu de la d\u00e9cennie 70 pour voir appara\u00eetre la couverture bleue sur papier glac\u00e9, d\u00e9sormais orn\u00e9e d\u2019une illustration en noir et blanc. Le bleu rappelait que le magazine est celui de la franc-ma\u00e7onnerie traditionnelle de Saint-Jean. L\u2019abonnement qui jusque-l\u00e0 \u00e9tait facultatif devient inclus dans la cotisation annuelle de l\u2019adh\u00e9rent.En 1996, nouvel habit, la maquette se modernise. En 2004 la couleur appara\u00eet dans les pages int\u00e9rieures. Sur le fond, les articles abordent davantage de domaines que jadis et il n\u2019est pas rare que certains soient traduits \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Avec la derni\u00e8re mue op\u00e9r\u00e9e fin 2013 le magazine Alpina poursuit son chemin. L\u2019\u00e9quipe actuelle fait en sorte qu\u2019il demeure ce ferment d\u2019union dans la diversit\u00e9 qu\u2019il n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre depuis sa cr\u00e9ation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 29 novembre 1874, douze membres du Conseil administratif de la Grande Loge Suisse Alpina (GLSA) se r\u00e9unissent \u00e0 Berne [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1494","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1494","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1494"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1494\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1495,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1494\/revisions\/1495"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1494"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1494"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1494"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}