{"id":1504,"date":"2015-02-13T10:53:57","date_gmt":"2015-02-13T09:53:57","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=1504"},"modified":"2017-10-13T11:17:09","modified_gmt":"2017-10-13T09:17:09","slug":"le-parrainage-dabord-une-mission-de-confiance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/le-parrainage-dabord-une-mission-de-confiance\/","title":{"rendered":"Le parrainage : d\u2019abord une mission de confiance"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00c0 la d\u00e9finition du mot \u00ab parrain \u00bb nos dictionnaires d\u00e9butent invariablement par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celui qui tient un enfant sur les fonts baptismaux et dans certains cas lui impose un nom. Issu du latin pater, le terme indique bien une filiation de p\u00e8re spirituel, soit la personne qui promet d\u2019assumer une responsabilit\u00e9 envers un filleul pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, peut-\u00eatre sa vie enti\u00e8re.<\/strong><\/p>\n<p><em>J. T.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019origine la plus ancienne de la fonction de parrainage qui nous soit connue en Europe remonte au deuxi\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re, dans le cadre du christianisme naissant. Elle a donc un ancrage religieux, tout en \u00e9tant officialis\u00e9e par la loi civile. Selon celle-ci, le parrain intervient d\u2019abord lors du bapt\u00eame d\u2019un ou de plusieurs enfants. Il participe \u00e0 la pr\u00e9paration de la c\u00e9r\u00e9monie. Une notion de privil\u00e8ge mais \u00e9galement de servitude est attach\u00e9e \u00e0 l\u2019engagement qu\u2019il prend vis-\u00e0-vis des parents, et de l\u2019autorit\u00e9 eccl\u00e9siastique, de subvenir aux besoins de leur prog\u00e9niture si eux-m\u00eames ne pouvaient s\u2019en charger. Certains textes parlent d\u2019un \u00ab type d\u2019imp\u00f4t b\u00e9n\u00e9vole accord\u00e9 \u00e0 la famille du couple \u00bb. Au fil des \u00e9poques le parrainage a connu quelques modifications de forme, sans alt\u00e9rer toutefois l\u2019objectif initial visant \u00e0 renforcer un climat de foi autour du filleul. La pr\u00e9sence du parrain ou de la marraine, fr\u00e9quemment des deux, \u00e9largit d\u2019un m\u00eame mouvement le cercle familial et celui de la congr\u00e9gation des fid\u00e8les. Cela vaut pour les diff\u00e9rentes d\u00e9nominations chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p><strong>Un lien d\u2019obligation protectrice<\/strong><\/p>\n<p>Il en va autrement au sein du juda\u00efsme o\u00f9 le parrain, soit le sandaq, a principalement pour tache de tenir le nouveaun\u00e9 lors du rituel de la circoncision. Pr\u00e8s des officiants, un fauteuil est laiss\u00e9 vide : celui cens\u00e9 \u00eatre occup\u00e9 par Elie le proph\u00e8te. L\u2019Ancien Testament ne fait aucune mention d\u2019un quelconque parrain, tout au moins dans le sens o\u00f9 nous l\u2019entendons ici. Pareil dans les \u00e9crits de l\u2019islam. Les croyants \u00e9voqueront \u00e9ventuellement un \u00ab parrain de coeur \u00bb. Pour l\u2019une et l\u2019autre de ces deux religions du Livre il n\u2019y a pas de lien d\u2019obligation protectrice d\u2019une personne \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un enfant, ou d\u2019un adulte pr\u00eat \u00e0 se convertir. Si, devenu orphelin ou afflig\u00e9 de g\u00e9niteurs irresponsables, un jeune \u00eatre se trouvait dans le d\u00e9nuement, la communaut\u00e9spirituelle concern\u00e9e s\u2019occupait alors de lui. Pour le reste, juifs et musulmans s\u2019accordent \u00e0 consid\u00e9rer Dieu Luim\u00eame comme le seul parrain qui vaille. Dans la chevalerie m\u00e9di\u00e9vale aussi, un parrain \u00e9tait de rigueur. On acc\u00e9dait au titre de chevalier du roi en trois \u00e9tapes distinctes, ainsi qu\u2019en francma\u00e7onnerie. Il fallait au pr\u00e9alable avoir \u00e9t\u00e9 page puis \u00e9cuyer. D\u00e8s que le marmot atteignait l\u2019\u00e2ge de sept ans, son p\u00e8re le confiait \u00e0 un membre avis\u00e9 du clan ou \u00e0 un ami s\u00fbr qui devenait aussit\u00f4t son parrain. Dans le ch\u00e2teau de ce dernier, sous sa f\u00e9rule, le n\u00e9ophyte suivait la formation inh\u00e9rente \u00e0 son degr\u00e9. Vers treize ans il passait \u00e9cuyer s\u2019il en \u00e9tait jug\u00e9 apte. Enfin, toujours d\u2019apr\u00e8s les m\u00e9rites acquis par l\u2019int\u00e9ress\u00e9, il \u00e9tait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de l\u2019adoubement au cours de laquelle le parrain remettait au futur chevalier les armoiries de son lignage, embl\u00e8me qu\u2019il d\u00e9fendrait au prix de son sang. Il l\u2019introduisait aux conditions de son nouvel \u00e9tat dans les faits et dans l\u2019esprit gr\u00e2ce \u00e0 une \u00ab adoption par les armes \u00bb. Le r\u00e9cipiendaire recevait l\u2019\u00e9p\u00e9e port\u00e9e par un pr\u00e9d\u00e9cesseur, il y avait par cons\u00e9quent transmission d\u2019une valeur combative destin\u00e9e non seulement \u00e0 \u00eatre maintenue mais encore exerc\u00e9e avec un z\u00e8le accru o\u00f9 que l\u2019adoub\u00e9 serait appel\u00e9 \u00e0 servir. Le parrain avait soin de sermonner son prot\u00e9g\u00e9 sur les d\u00e9fis qui l\u2019attendaient, comment il devait se montrer \u00e0 la hauteur des situations les plus hasardeuses. Le c\u00e9r\u00e9monial diff\u00e9rait selon les pays, les p\u00e9riodes, quoique dans une mesure peu significative compte tenu des r\u00e8gles commun\u00e9ment admises dans les monarchies europ\u00e9ennes. Un passage du roman Tristan et Iseut, transcrit en fran\u00e7ais moderne par le philologue Joseph B\u00e9dier, nous apprend en quoi consistait cet apprentissage. Il \u00e9tait recommand\u00e9 au novice de \u00ab fuir l\u2019oisivet\u00e9, m\u00e8re des vices \u00bb et en m\u00eame temps d\u2019acqu\u00e9rir \u00ab les usages de la courtoisie et les vertus requises au franc homme : honneur, fid\u00e9lit\u00e9, hardiesse, d\u00e9bonnairet\u00e9, d\u00e9mener grande largesse, parler avec mesure, ne bl\u00e2mer personne \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, \u00e9viter les fous (&#8230;) \u00bb. Somme toute, des pr\u00e9ceptes assez proches de notre Code ma\u00e7onnique.<\/p>\n<p>Il ne suffisait pas, pour devenir chevalier, de prouver sa bravoure et d\u00e9ployer de grands principes. Il fallait \u00eatre de riche naissance, faire valoir une g\u00e9n\u00e9alogie seigneuriale. Nous sommes loin des justiciers romanesques imagin\u00e9s par l\u2019Ecossais Walter Scott, initi\u00e9 franc-ma\u00e7on en 1801 \u00e0 la loge<br \/>\n\u00ab Saint-Davi \u00bb, le plus c\u00e9l\u00e8bre d\u2019entre eux \u00e9tant bien s\u00fbr Ivanho\u00e9. Dans La Divine Com\u00e9die Dante Alighieri implore : \u00ab Chevalerie du ciel que je contemple, fais oraison pour ceux qui sont sur terre \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Ni plus ni moins qu\u2019un guide<\/strong><\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re le parrain comme un garant, une caution, un soutien, un conseiller, un mentor et un passeur, il r\u00e9unit l\u2019ensemble de ces qualit\u00e9s en \u00e9tant un guide. Ni plus ni moins. Son exp\u00e9rience autorise son influence. La litt\u00e9rature abonde en exemples de personnages qui se donnent pour mission d\u2019\u00e9clairer un adepte dans une voie dont il ignore l\u2019ABC. Une oeuvre parmi les plus saisissantes d\u2019une telle relation est sans conteste La Divine Com\u00e9die. Dante ( 1265-1321 ) choisit d\u2019\u00eatre conduit par Virgile ( 70-19 avant J.-C. ) pour d\u00e9couvrir un univers compos\u00e9 de trois parties : l\u2019Enfer, le Purgatoire, et le Paradis, chacune d\u2019elles compos\u00e9e de 33 chants. Virgile, qui symbolise la raison humaine, entend d\u00e9voiler \u00e0 son ami le bonheur terrestre. Il l\u2019emm\u00e8ne jusqu\u2019au seuil du paradis seulement. L\u00e0, B\u00e9atrice prend la rel\u00e8ve et devient son second guide, cette fois vers la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, le s\u00e9jour sup\u00e9rieur o\u00f9 r\u00e8gne la f\u00e9licit\u00e9 parfaite, soit la b\u00e9atitude ou B\u00e9atrice. Le livre permet au moins trois niveaux de lecture : philosophique, \u00e9sot\u00e9rique et politique. Plus que tout autre chose il nous emporte par la beaut\u00e9 de sa langue, qui agit d\u00e8s les premiers mots : \u00ab Nel mezzo del cammin di nostra vita (&#8230;) \u00bb &#8211; \u00ab Au milieu de la course de notre vie (&#8230;) \u00bb. \u00c0 propos, les grandes cr\u00e9ations artistiques ne seraient-elles pas des sortes de parrains de la sensibilit\u00e9 aidant \u00e0 d\u00e9velopper une certaine noblesse de l\u2019esprit ?<\/p>\n<p>\u00abLa Grande Loge Suisse Alpina attache une importance primordiale \u00e0 la mission que le Parrain doit exercer. \u00bb GLSA \u2013 Guide du Parrain<\/p>\n<p>Le dictionnaire Littr\u00e9 est le plus complet dans sa d\u00e9finition du parrain. Il pr\u00e9cise : \u00ab En g\u00e9n\u00e9ral, celui qui pr\u00e9sente quelqu\u2019un dans un cercle, dans une soci\u00e9t\u00e9 savante, etc. \u00bb. Curieusement, la plupart des ouvrages ma\u00e7onniques ne mentionnent pas le parrain, ou lui consacrent \u00e0 peine quelques lignes, en passant. Pourtant, sans lui il n\u2019est pas d\u2019admission envisageable au sein d\u2019une loge. Certes, il doit poss\u00e9der les dispositions requises \u00e0 l\u2019exercice de son mandat et d\u2019abord \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 son atelier. On voit cependant des ma\u00e7ons \u00e0 l\u2019assiduit\u00e9 fl\u00e9chissante reprendre go\u00fbt aux travaux sit\u00f4t investis d\u2019une responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne 1993 la GLSA publiait un opuscule, toujours en vigueur, intitul\u00e9 Guide du Parrain. S\u2019y trouvait noir sur blanc tout ce qu\u2019il faut savoir, et faire, en l\u2019occurrence. La derni\u00e8re phrase stipulait que \u00ab la conscience avec laquelle chaque Parrain s\u2019acquittera de toutes ses t\u00e2ches est en effet d\u00e9terminante pour l\u2019avenir de la Franc-Ma\u00e7onnerie \u00bb. C\u2019est dire l\u2019importance d\u2019une orientation juste.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 la d\u00e9finition du mot \u00ab parrain \u00bb nos dictionnaires d\u00e9butent invariablement par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celui qui tient un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-1504","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1504","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1504"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1504\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1505,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1504\/revisions\/1505"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}