{"id":2432,"date":"2019-07-11T10:00:53","date_gmt":"2019-07-11T08:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=2432"},"modified":"2019-07-11T10:00:53","modified_gmt":"2019-07-11T08:00:53","slug":"vices-et-vertus-pour-voir-clair-en-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/vices-et-vertus-pour-voir-clair-en-soi\/","title":{"rendered":"Vices et vertus pour \u00ab voir clair \u00bb en soi"},"content":{"rendered":"<p><strong>Plusieurs Rites \u2013 Memphis-Misra\u00efm, Ecossais Ancien et Accept\u00e9, Fran\u00e7ais, etc. \u2013 mentionnent les vices et les vertus dans leur Rituel respectif. La port\u00e9e de ces pratiques ou penchants pour les premiers et dispositions pour les secondes, peut-\u00eatre plus compl\u00e9mentaires qu\u2019antagonistes, vise \u00e0 \u00ab lib\u00e9rer \u00bb le Ma\u00e7on au-del\u00e0 de l\u2019interpr\u00e9tation r\u00e9ductrice des deux termes \u00ab vice \u00bb et \u00ab vertu \u00bb. Aussi \u00e0 lui permettre de \u00ab voir clair par lui-m\u00eame \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Les vices se r\u00e9f\u00e8rent usuellement aux diff\u00e9rentes formes d\u2019addiction qui engendrent des d\u00e9pendances physiologiques, mentales et comportementales. Leurs causes sont parfois d\u2019origine h\u00e9r\u00e9ditaire pour une partie, mais le plus g\u00e9n\u00e9ralement psychosociologiques pour devenir potentiellement psychiatriques. Selon les philosophes, les vices r\u00e9sultent surtout du ph\u00e9nom\u00e8ne de la passion ou \u00e9motion \u00abd\u00e9mesur\u00e9e \u00bb, une notion centrale qui renvoie \u00e0 la conception de la subjectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Le sens ancien du terme passion englobe tous les ph\u00e9nom\u00e8nes passifs de l\u2019\u00e2me, soit \u00ab tout ce qui est subi \u00bb, tandis que son sens moderne s\u2019applique \u00e0 une inclination non ma\u00eetrisable, une rupture de l\u2019\u00e9quilibre psychologique. Quant \u00e0 son sens courant, il d\u00e9termine l\u2019ensemble des pulsions instinctives, \u00e9motionnelles et primitives de l\u2019humain qui, lorsqu\u2019elles sont suffisamment violentes, entravent sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 agir de mani\u00e8re raisonn\u00e9e. Plusieurs courants de pens\u00e9e philosophiques se sont pench\u00e9s sur la passion. Pour les Id\u00e9alistes, la passion est corr\u00e9l\u00e9e au d\u00e9sir : l\u2019homme d\u00e9sire parce qu\u2019il est passionn\u00e9, mais le d\u00e9sir d\u00e9forme le r\u00e9el, il illusionne; la passion est donc \u00e0 l\u2019origine de l\u2019erreur, voire du mensonge. Les Rationalistes consid\u00e8rent, eux, que la passion reste surmontable gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9\u00e9minence de l\u2019\u00e2me \u2013 c\u2019est le c\u00f4t\u00e9 rationnel de l\u2019humain \u2013 pour conna\u00eetre une existence non tourment\u00e9e, alors que les Moralistes avec leur jugement sur les moeurs condamnent la passion puisqu\u2019elle se r\u00e9v\u00e8le imperm\u00e9able \u00e0 la morale ; en outre, elle ali\u00e8ne l\u2019homme, lui faisant prendre parfois les d\u00e9cisions qu\u2019il aurait pr\u00e9c\u00e9demment jug\u00e9es insens\u00e9es; et puis la passion d\u00e9forme le jugement; elle est le parti pris fondamental qui dirige le raisonnement en faisant mine de le suivre. Les Philosophes des Lumi\u00e8res, pour leur part, refusent d\u2019opposer la passion \u00e0 la raison et privil\u00e9gient le coeur, dans lequel ils distinguent des qualit\u00e9s en mati\u00e8re de sinc\u00e9rit\u00e9; avec la passion, l\u2019humain agit imm\u00e9diatement, sans arri\u00e8re-pens\u00e9e, ce qui vaut \u00e0 l\u2019acte d\u2019\u00eatre authentique.<\/p>\n<p>Le Franc-ma\u00e7on est aussi confront\u00e9 aux vices entre autres dans la \u00ab L\u00e9gende d\u2019Hiram \u00bb, o\u00f9 trois mauvais Compagnons repr\u00e9sentent les trois vices \u2013 ignorance, hypocrisie, fanatisme \u2013 qui pervertissent l\u2019individu. Dans le 17e grade (grade de perfection) en particulier du Rite Ecossais Ancien et Accept\u00e9 (REAA), il lui est conseill\u00e9 de fuir sept vices : la haine, la discorde, l\u2019orgueil, l\u2019indiscr\u00e9tion, la perfidie, l\u2019incontinence et la calomnie. Pour l\u2019initi\u00e9, vaincre ses vices ou ses passions, autant d\u2019\u00e9manations des perturbations du mental, consiste \u00e0 essayer de conna\u00eetre et de d\u00e9cortiquer le processus extr\u00eamement subtil qui le conduit \u00e0 cet \u00e9tat de confusion, dont le principal et pernicieux catalyseur se nomme ego. Cet ego, dont on parle tant et parfois \u00e0 tort et \u00e0 travers. Il s\u2019agit de \u00ab notre \u00bb perception erron\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9, soit le produit de l\u2019illusion d\u2019un moi, autonome et ind\u00e9pendant s\u00e9par\u00e9 de ce qui est autre. Moi-autre, sujet-objet sont les deux termes de la dualit\u00e9 en laquelle se d\u00e9veloppent cette illusion ou ignorance de notre nature profonde et les passions qui en d\u00e9coulent, \u00e0 savoir le d\u00e9sir-attachement, l\u2019aversion- r\u00e9pulsion et l\u2019ignorance-aveuglement. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les passions entretiennent l\u2019illusion et les projections ; de l\u2019autre, l\u2019illusion et les projections nourrissent les passions qui sont les causes et les sources du mal-\u00eatre. Affirmer le caract\u00e8re illusoire du soi constitue le r\u00e9sultat d\u2019une analyse logique et d\u2019une exp\u00e9rience directe \u00ab de ce qui est \u00bb. Cela ne signifie pas la n\u00e9gation de l\u2019ego qui entra\u00eenerait la d\u00e9pr\u00e9ciation de soi et finalement la d\u00e9pr\u00e9ciation du moi, mais son inconsistance, sa relativit\u00e9, son caract\u00e8re fallacieux. D\u00e8s lors, le Ma\u00e7on ne doit pas lutter contre son ego, mais plut\u00f4t apprendre \u00e0 le rel\u00e2cher et \u00e0 abandonner son emprise. Ou encore essayer de le comprendre, l\u2019apprivoiser et le discipliner sans complaisance, mais avec bienveillance et discernement.<\/p>\n<h2>Sans r\u00e9f\u00e9rence morale<\/h2>\n<p>Dans les Rites de Memphis-Misra\u00efm et Fran\u00e7ais, parmi d\u2019autres, la vertu est exprim\u00e9e dans le sens de valeur, courage, tandis que le Rite Ecossais Rectifi\u00e9 (RER) lui attribue une signification sp\u00e9cifique selon le grade : la Justice pour l\u2019Apprenti, la Temp\u00e9rance pour le Compagnon, la Prudence pour le Ma\u00eetre et la Force pour le Ma\u00eetre Ecossais (grade de perfection). De son c\u00f4t\u00e9, le Rite Ecossais Ancien et Accept\u00e9 (REAA) mentionne la vertu dans bon nombre de ses grades de perfection et hauts grades. Au-del\u00e0 des trois vertus th\u00e9ologales que sont la Foi, l\u2019Esp\u00e9rance et la Charit\u00e9 aux interpr\u00e9tations th\u00e9ologiques ou ma\u00e7onniques, elle n\u2019exprime aucune r\u00e9f\u00e9rence morale, mais constitue le fruit d\u2019un processus de transformation int\u00e9rieure, un processus alchimique. Lui-m\u00eame issu de l\u2019Initiation \u00ab r\u00e9elle \u00bb, il offre une puissance d\u2019action qui interagit tant au niveau du corps que de l\u2019\u00e2me et conduit aux \u00e9tats sup\u00e9rieurs, \u00e0 l\u2019\u00e9tat ultime de l\u2019\u00eatre. La vertu d\u00e9signe in fine la r\u00e9alisation de la \u00ab m\u00e9tano\u00efa \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le mouvement de conversion ou de retournement par lequel le Franc-ma\u00e7on s\u2019ouvre \u00e0 plus grand que lui-m\u00eame, en lui-m\u00eame : \u00ab deviens ce que tu es \u00bb, \u00ab sois la v\u00e9ritable nature de ton esprit \u00bb.<\/p>\n<p>Socrate, lui aussi, a th\u00e9oris\u00e9 sur la vertu: la vertu dite supr\u00eame consiste \u00e0 se d\u00e9tacher du monde sensible et des biens mat\u00e9riels, pour aller vers la contemplation des id\u00e9es, et sp\u00e9cialement celle du Bien. Cette vertu supr\u00eame demande une participation active de l\u2019\u00eatre, de faire un effort constant et immuable sur ce m\u00eame ego mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, pour r\u00e9aliser cet id\u00e9al de perfection que repr\u00e9sente le Bien. Lequel \u00e9quivaut \u00e0 vivre en harmonie int\u00e9rieure avec son \u00e2me, tout en g\u00e9rant les extr\u00eames pour trouver graduellement et progressivement un centre, un juste milieu. Il s\u2019agit-l\u00e0 d\u2019une totale concordance avec l\u2019id\u00e9al ma\u00e7onnique. En se changeant lui-m\u00eame et en purifiant son psychisme, le Franc-ma\u00e7on devient ainsi transparent \u00e0 la Lumi\u00e8re, \u00e0 son \u00eatre spirituel, ce qu\u2019il est ontologiquement. Il s\u2019\u00e9veille \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019elle est, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience ou gnose fondamentale.<\/p>\n<h2>Un don du Ciel<\/h2>\n<p>Pour le Tao\u00efsme (Lao Tseu), la Vertu (avec un V majuscule) est le Tao, le Principe \u00e0 l\u2019origine de toute chose, qui d\u00e9signe la V\u00e9rit\u00e9, la Simplicit\u00e9 et la Spontan\u00e9it\u00e9, parce que la condition humaine oblige \u00e0 tout nommer et m\u00eame \u00e0 tenter de d\u00e9finir l\u2019ind\u00e9finissable. Elle est Une et indivisible dans son origine et dans son action ; elle ne peut \u00eatre fractionn\u00e9e ni compartiment\u00e9e. Consid\u00e9r\u00e9e comme illuminatrice et r\u00e9novatrice de l\u2019\u00eatre humain, elle n\u2019a rien \u00e0 voir avec une quelconque qualit\u00e9 morale. La Vertu est m\u00eame un don du Ciel offert sous certaines conditions \u00e0 tous les hommes de bonne volont\u00e9. Lao Tseu les r\u00e9sume ainsi: se montrer simple, rester naturel, r\u00e9duire l\u2019\u00e9go\u00efsme, avoir peu de d\u00e9sirs. Cela signifie : \u00ab Soyez donc ce que vous \u00eates, tout ce que vous \u00eates, rien que ce que vous \u00eates; mais soyez-le dans la pl\u00e9nitude de la paix de tout votre Etre \u00bb. Les Vertus ne sont r\u00e9elles et efficaces qu\u2019autant qu\u2019elles sont un t\u00e9moignage spontan\u00e9 de l\u2019Esprit. Cependant, la simplicit\u00e9 na\u00efve, qui fait de l\u2019homme un serviteur z\u00e9l\u00e9 de la Vertu, ne peut na\u00eetre qu\u2019\u00e0 la suite d\u2019incessants combats int\u00e9rieurs dans lesquels le moi se d\u00e9pouille peu \u00e0 peu de son propre vouloir pour s\u2019abandonner sans r\u00e9serve \u00e0 la Volont\u00e9 du Tao. De plus, cet abandon est en m\u00eame temps le germe, la fleur et le fruit du Grand OEuvre de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>Les pratiques sinc\u00e8res, qui ont pour but la perfection morale, peuvent \u00eatre utiles dans la mesure o\u00f9 elles servent d\u2019introduction \u00e0 la vie spirituelle ; \u00e0 condition, toutefois, qu\u2019elles ne se bornent pas \u00e0 reproduire dans le comportement humain les formes ext\u00e9rieures de ce qu\u2019on appelle les Vertus. S\u2019appliquer \u00e0 montrer l\u2019apparence d\u2019une qualit\u00e9, c\u2019est en perdre la r\u00e9alit\u00e9. Krishnamurti a dit : \u00ab L\u2019homme qui cultive la vertu n\u2019est pas vertueux \u00bb. Une telle conduite, purement rituelle, reste l\u2019oeuvre de la volont\u00e9 propre, tant qu\u2019elle n\u2019est pas vivifi\u00e9e et f\u00e9cond\u00e9e par l\u2019Esprit divin. Elle conduit l\u2019homme \u00e0 la porte du temple int\u00e9rieur, mais ne lui permet pas d\u2019en franchir le seuil\u2026 Lao Tseu fournit encore une allusion imag\u00e9e \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la Vertu nette de toute empreinte personnelle, parce que lib\u00e9r\u00e9e des tendances et des moyens d\u2019action de la volont\u00e9 propre : \u00ab Qui marche bien ne laisse pas de traces ; qui parle bien ne commet pas de fautes ; qui calcule bien n\u2019a pas besoin de boulier ; qui sait bien garder ferme sans verrous, et personne ne peut ouvrir ; qui sait bien lier ne se sert pas de liens, et personne ne peut d\u00e9lier \u00bb. En d\u2019autres termes, celui qui permet \u00e0 l\u2019Esprit d\u2019agir en ses lieux et places n\u2019a que faire de la prudence : ses oeuvres sont toujours parfaites. D.P.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plusieurs Rites \u2013 Memphis-Misra\u00efm, Ecossais Ancien et Accept\u00e9, Fran\u00e7ais, etc. \u2013 mentionnent les vices et les vertus dans leur Rituel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[21],"tags":[],"class_list":["post-2432","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2432","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2432"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2432\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2433,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2432\/revisions\/2433"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2432"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2432"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2432"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}