{"id":752,"date":"2016-03-21T13:30:17","date_gmt":"2016-03-21T12:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/?p=752"},"modified":"2017-10-12T15:09:00","modified_gmt":"2017-10-12T13:09:00","slug":"lhumour-source-indispensable-de-bien-etre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.freimaurerei.ch\/fr\/lhumour-source-indispensable-de-bien-etre\/","title":{"rendered":"L&rsquo;humour, source indispensable de bien-\u00eatre"},"content":{"rendered":"<p><strong>Si l&rsquo;humour est la \u00ab politesse du d\u00e9sespoir \u00bb il ne saurait \u00eatre que cela. Ses nombreuses d\u00e9finitions ont toutes leur part de pertinence. Chacun peut d&rsquo;ailleurs avoir la sienne propre car en ce domaine il n&rsquo;est rien de d\u00e9finitivement \u00e9tabli. Nous sommes dans le champ de la pleine libert\u00e9 d&rsquo;interpr\u00e9tation et de r\u00e9actions individuelles. Il est toutefois probable que \u00ab les gens qui ne rient pas ne sont pas s\u00e9rieux \u00bb, comme l&rsquo;affirmait Alphonse Allais, et il en savait un bout sur la question.<\/strong><\/p>\n<p>Quel \u00e9tait l\u2019objet de l\u2019amusement du premier hominid\u00e9 qui a ri ? On peut imaginer mille situations. Par exemple un habitant des cavernes apercevant un \u00e9clair z\u00e9brant la vo\u00fbte c\u00e9leste, un ph\u00e9nom\u00e8ne si extraordinairement bizarre \u00e0 ses yeux qu\u2019un \u00e9branlement nerveux se produit dans ses synapses et voil\u00e0 n\u00e9e la premi\u00e8re forme du rire, par soulagement suite \u00e0 une grande frayeur. L\u2019humour peut \u00eatre \u00e9galement un simple instinct d\u2019autod\u00e9fense l\u00e0 o\u00f9 des forces hostiles sont \u00e0 l\u2019oeuvre dans la soci\u00e9t\u00e9, et cela vaut autant pour le pal\u00e9olithique que pour 2016. Mais l\u2019humour est sans conteste une impulsion cr\u00e9atrice qui fait se lever des perspectives nouvelles.<\/p>\n<p><strong>Une fiction en vaut une autre<\/strong><\/p>\n<p>Le rire a donc l\u2019\u00e2ge de l\u2019humanit\u00e9. Sa fonction primordiale est \u00e9minemment lib\u00e9ratrice. Il permet d\u2019\u00e9chapper un tant soit peu aux multiples contraintes qui nous assaillent. M\u00eame quelques minutes de d\u00e9tente nous d\u00e9connectent de nos pr\u00e9occupations et soucis. Une blague \u00e9chang\u00e9e entre amis au coin d\u2019une rue et soudain l\u2019air s\u2019\u00e9claircit.<\/p>\n<p><em>\u00ab Le rire fut longtemps r\u00e9prim\u00e9 par les clerg\u00e9s. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 notre connaissance les Saintes Ecritures ne contiennent qu\u2019un seul r\u00e9cit pouvant \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019humoristique, celui du proph\u00e8te Jonas. Il est bref, \u00e0 peine trois pages. Nous avons l\u00e0 un bel \u00e9chantillon de cocasserie impr\u00e9vue dans une destin\u00e9e humaine. Au terme du rocambolesque voyage de notre brave protagoniste, nous aurons confirmation que \u00ab les voies du Seigneur sont imp\u00e9n\u00e9trables \u00bb. Nombre d\u2019\u00e9crivains se sont plus \u00e0 interpr\u00e9ter selon leur fantaisie tel ou tel \u00e9pisode biblique. Prenons Mark Twain et Rudyard Kipling, tous deux francs-ma\u00e7ons, qui chacun \u00e0 sa fa\u00e7on a donn\u00e9 une autre version de l\u2019histoire d\u2019Adam et d\u2019Eve. Dr\u00f4lerie garantie. Dans un pareil cas de figure le lecteur se demande in\u00e9vitablement : et si les choses s\u2019\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9es plut\u00f4t de cette mani\u00e8re ? Twain et Kipling \u00e9taient de souche anglo-saxonne, pays qui malgr\u00e9 leurs traits de formalisme t\u00e9moignaient de souplesse dans les affaires religieuses, devenant le terreau d\u2019une formidable \u00e9closion d\u2019humour. Dans le monde catholique romain le rire fut longtemps r\u00e9prim\u00e9 par le clerg\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le rire, \u00ab invention du Diable \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Ceux qui n\u2019auraient pas lu le roman d\u2019Umberto Eco Le Nom de la Rose en ont s\u00fbrement vu le film et se souviennent de ces moines morts empoisonn\u00e9s pour avoir ouvert l\u2019opus d\u2019Aristote De la Po\u00e9tique o\u00f9 il est question du rire, rigoureusement interdit par la R\u00e8gle de saint Benoit. L\u2019Inquisition instaurera un proc\u00e8s m\u00e9morable dans l\u2019abbaye alpine o\u00f9 l\u2019action se passe, en 1327, avec b\u00fbchers en \u00e9pilogue. Preuve que la farce est alors passible de la peine capitale.<\/p>\n<p>Au moyen \u00e2ge on se r\u00e9pandait en d\u2019interminables d\u00e9bats sur le sexe des anges, on cherchait \u00e0 savoir si J\u00e9sus avait ri une fois dans sa vie. Selon les opinions \u00e9mises s\u2019ensuivaient anath\u00e8mes et ex\u00e9cutions. Le rire n\u2019\u00e9tait-il pas une invention du Diable ? Avec la R\u00e9forme les lignes bougent. En d\u00e9pit de son image d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 r\u00e9barbative Martin Luther ne d\u00e9daignait pas la gaiet\u00e9, y voyant un espace o\u00f9 le croyant se d\u00e9gageait des entraves profanes. Beaucoup plus tard, un autre Martin Luther, le pasteur Afro-Am\u00e9ricain King, dira \u00ab Si on ne peut pas rire au paradis, je ne tiens pas \u00e0 y aller. \u00bb<\/p>\n<p>La Renaissance verra l\u2019ennoblissement du rire avec Fran\u00e7ois Rabelais. Il faudrait avoir l\u2019esprit bien sec pour ne pas se d\u00e9rider aupr\u00e8s de Gargantua et de Pantagruel. D\u00e9sormais, les philosophes entrent en sc\u00e8ne, bousculent l\u2019immuable et rien ne sera plus comme avant : les id\u00e9es sont retourn\u00e9es en tous sens. Les Lumi\u00e8res pousseront le jeu plus loin avec une vie associative accrue, autant de lieux o\u00f9 l\u2019on croise le fer fraternellement. Les loges ma\u00e7onniques de l\u2019\u00e9poque \u00e9taient davantage des endroits de joyeuse convivialit\u00e9 que des ateliers d\u2019\u00e9tudes sur le symbolisme. \u00ab La plus perdue de toutes les journ\u00e9es est celle o\u00f9 l\u2019on n\u2019a pas ri \u00bb, \u00e9crivait Chamfort, membre des \u00ab Neuf Soeurs \u00bb comme Voltaire.<\/p>\n<p><strong>Une s\u00e9lection en son \u00e2me et conscience<\/strong><\/p>\n<p>Dans Le Figaro du vendredi 10 d\u00e9cembre dernier, l\u2019auteur et \u00e9diteur de livres d\u2019humour Jean-Loup Chiflet disait : \u00ab L\u2019humour est une forme de th\u00e9rapie qui co\u00fbte moins cher qu\u2019une psychanalyse. Une fa\u00e7on de prendre de la distance et de la hauteur par rapport \u00e0 ce qu\u2019on vit ou ressent, une fa\u00e7on de ne pas d\u00e9sesp\u00e9rer de soi ou de l\u2019humanit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Partant, y aurait-il des sujets tabous ? Ce n\u2019est \u00e0 personne de d\u00e9cr\u00e9ter en la mati\u00e8re. Il n\u2019emp\u00eache, les honn\u00eates gens &#8211; et nous avons lieu de penser que les ma\u00e7ons en font partie &#8211; proscriront de leurs usages toute une s\u00e9rie de jokes, les graveleuses o\u00f9 la dignit\u00e9 de la femme fait les frais, celles \u00e0 caract\u00e8re raciste, ou m\u00e9chantes envers un handicap ou une faiblesse. Mieux vaut se taire plut\u00f4t que rabaisser autrui. Le meilleur rire est celui que l\u2019on exerce \u00e0 ses propres d\u00e9pends, se regarder dans un miroir et se marrer sans retenue&#8230; comme on le fera avec le floril\u00e8ge de Jean-Loup Chiflet dans Le bouquin de l\u2019humour paru r\u00e9cemment. ( Editions Robert Laffont, 980 pages, 29\u20ac. www. laffont.fr ) J.T.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si l&rsquo;humour est la \u00ab politesse du d\u00e9sespoir \u00bb il ne saurait \u00eatre que cela. 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